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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Les monnaies sociales

Publié le 11 Février 2015 par Pierrette Roc Diallo

Les monnaies sociales

Face aux dysfonctionnements du système, les monnaies sociales complémentaires apparaissent comme un outil pour promouvoir d’autres types d’échange, des « échanges qui ont du sens », et les initiatives se multiplient. L’enjeu est alors qu’elles puissent être vecteur d’un autre modèle de développement économique : forcément solidaire et inclusif, au service de tous et de la transformation du territoire.

Ou, dit autrement, comment cet outil peut nous aider à privilégier et développer un autre modèle économique, résolument social ?

Pourquoi les monnaies sociales et complémentaires ?

Les monnaies sociales complémentaires reviennent à l’idée de base d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains. Elles naissent là où la rareté de monnaie officielle empêche les échanges nécessaires, en réponse aux besoins des personnes et à l’expression des potentialités et richesses de chacun, ou encore lorsque l’on veut privilégier, renforcer un certain type d’échange.

Elles réhabilitent les deux premières fonctions de la monnaie, celles d’unité de compte et de moyen d’échange, et se mettent en oeuvre pour faciliter, accélérer ou orienter les échanges, ou certains échanges.

L’outil monétaire « dysfonctionne ».

La principale fonction de la monnaie, sa justification historique, est, nous l’avons vu, de faciliter l’échange et l’activité entre les êtres humains, en établissant une unité de compte commune et en créant un espace de confiance. Cet étalon étalon permet alors un échange très supérieur à ce que permettent des formes comme le troc. Or cette fonction première est aujourd’hui gravement mise en cause….

  • Par la « sous‐monétarisation » pour les milliards d’êtres humains en situation de pauvreté, qui n’ont pas accès à la monnaie. Ils ont à la fois le besoin, la capacité et le désir d’échanger, de créer de l’activité, mais ne peuvent le faire par manque de moyens monétaires. Pour eux cela signifie que la monnaie ne remplit pas sa fonction première, celle de faciliter l’échange et l’activité. En parallèle, on assiste à la « surmonétarisation » d’une minorité de possédants très riches. Cet excès de monnaie dépasse largement leur capacité à échanger, et vient alimenter les marchés financiers, pour faire de l’argent avec de l’argent.
  • Par la transformation de la monnaie, qui, d’un outil de lien (faciliter les échanges) est devenu un bien synonyme de richesse.
  • Par le transfert de la monnaie qui passe de l’activité productive vers l’activité spéculative. (y compris avec la spéculation autour des matières premières et ses répercussions sur la production elle même).
  • Par la logique d’un système où la monnaie est indifférente à la nature et à la finalité de l’échange, une logique qui ne pense que « flux monétaires » et non plus besoins, potentialités, finalités.
  • Par le non contrôle démocratique de la création monétaire et de la régulation du système.
  • Par l’enracinement d’une culture de la « prédation » et de la domination contaminant les relations sociétales, à toutes les échelles

Face à ces dysfonctionnements, les monnaies sociales et complémentaires reprennent alors l’idée de base, celle d’une d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains.

Elles s’ancrent dans la définition de la monnaie comme « un accord au sein d’une communauté qui utilise un objet standard comme moyen d’échange » (Bernard Lietaer). Les monnaies sociales et complémentaires proposent une autre façon d’échanger. «L’accord » n’est plus le même.

Cet accord se construit autour de l’idée d’un outil au service d’un projet et d’un modèle de société qui pourrait se résumer par les questions : quels échanges, pour quoi, entre qui ? Il est clair que tout projet de monnaie complémentaire, pour autant qu’il recherche effectivement à répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques actuels ‐ et non à reproduire le système, vient réinterroger enprofondeur modes de pensée, nos pratiques (sur la richesse, la monnaie,l’échange, la rétribution, la mesure,…)

Diversité et richesse des dispositifs.

On assiste aujourd’hui à une multiplication des expériences de « monnaies complémentaires ». Souvent, on voit circuler le chiffre de « plus de 5.000 initiatives de par le monde ». Au delà de ce chiffre, on remarque que les expériences sont très diverses. De fait, chacune d’entre elle est mise en oeuvre en réponse à une situation particulière, un enjeu spécifique.

Dans certains cas, il s’agit de développer les échanges économiques interentreprises (WIR, Suisse), ou le développement local (Chiemgauer et Regios, Allemagne). Dans d’autres, la monnaie organise une réponse à des problématiques sociales : (Fureai Kippu, Japon, Time Banking, Angleterre et USA). Ailleurs, elle permet des échanges là où la monnaie est trop rare (Clube de trueque, Argentine) ou développe l’emploi et l’économie solidaire (Bancos comunitarios, Brésil). Enfin, le réseau des villes et territoires en transition propose des monnaies complémentaires comme outil de « résilience » par la localisation de l’économie (Brixton ou Totnes, Angleterre).

http://www.taoaproject.org/les-monnaies-sociales/en-quelques-mots/pourquoi-les-monnaies-sociales-et-compl%C3%A9mentaires/

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