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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Les réseaux Foccart

Publié le 11 Février 2015 par Pierrette Roc Diallo

Les réseaux Foccart

L'HISTORIQUE DU S.A.C

DEVENU : M.I.L

"Mouvement Initiative et Liberté"

La main dans le SAC, ou quand le Milieu rencontre la politique.

  • Fondée dans le but d'apporter un «soutien inconditionnel à la poursuite des objectifs définis par le Général», cette officine devint, au fil des années, une nébuleuse mêlant puissants caïds, policiers, hommes politiques de premier plan (Jacques Foccart, le «monsieur Afrique» de De Gaulle) et futurs élus (Charles Pasqua).

S.A.C. Trois lettres qui claquent. Trois lettres pour désigner une organisation, Service d'Action Civique, créée en décembre 1959. Héritier du service d'ordre du RPF (Rassemblement du Peuple Français), le Service d'Action Civique est officiellement une association à but non lucratif. Mais sous cette appellation innocente se cache une bien plus sinistre machine.

Une « machine » qui, durant vingt ans, a traîné derrière elle une odeur de soufre sans que l'on sache exactement qui en faisait partie et quelle était sa motivation, sauf celle de haïr les communistes.

Une police parallèle ? Un service d'ordre ? Une officine gaulliste ? Initialement, sa vocation était plutôt claire. Le SAC avait pour objectif de « rassembler toutes les personnes, sans distinction d'opinion ou de race, désireuses de soutenir l'action du général de Gaulle. » Son activité majeure devait alors consister en l'assurance de la sécurité des campagnes électorales des candidats gaullistes de l'UNR.

Fondé par Dominique Ponchardie, Roger Frey et Jacques Foccart à l'occasion du retour du Général au pouvoir, le SAC va très vite prendre une dimension tout autre que celle qui était la sienne au moment de sa création.

  • Dès le changement de cap du général de Gaulle au sujet de la crise algérienne, le recrutement devint de moins en moins sérieux. En effet, beaucoup de membres initiaux du SAC ont démissionné car ils étaient favorables à une Algérie française. Les grognards du gaullisme partis, les dérives pouvaient alors commencer. Petits escrocs. Puis délinquants. Puis caïds. De fil en aiguille, le Service compte dans ses rangs des figures de plus en plus respectées du Milieu. Dans ce cadre, ce n'est pas une surprise de voir le caïd grenoblois Mathieu Mattei exercer le rôle de chauffeur du premier ministre Pompidou lors d'une visite à Grenoble de l'homme politique. Conséquence directe de cette dérive dans le recrutement : l'action du Service devient désordonnée. Pour ne pas dire violente. Fusillades durant les campagnes, assaut contre les grévistes, chasse aux militants du FLN...

Il faut bien avouer qu'une appartenance au SAC constitue un passe-droit des plus intéressants pour les truands. La carte tricolore de membre ne place pas son propriétaire au dessus des lois. Mais elle procure néanmoins des avantages indéniables. En effet, lorsqu'un truand titulaire de la fameuse carte tombait dans les mailles de la police, elle lui évitait, en général, d'avoir à affronter la justice. Pour la bonne et simple raison qu'il voyait les poursuites contre lui abandonnées. Certains hors-la-loi pouvaient même être libérés dans la journée suivant leur arrestation. Un certain Maurice Papon (poursuivi pour crime contre l'humanité) aurait été, selon certaines sources, en tant que préfet de Police, coutumier de telles procédures de libération.

Pour autant, il est très difficile de savoir quels voyous faisaient partie de l'officine. En effet, les fichiers des adhérents, tenus secrets, n'ont jamais été découverts. Sans être exhaustif, loin de là, nous pouvons toutefois en citer quelques uns. « Le Parrain » de Lyon tout d'abord, qui bénéficiait durant les années 60 de puissantes relations policières et politiques. A Grenoble, comme nous l'évoquions plus haut, le boss de la ville bénéficiait lui aussi de la protection du Service. L'homme, cousin d'Alexandre Sanguinetti (homme d'affaire, conseiller du ministre de l'intérieur et homme fort du SAC), régnait alors sur la prostitution de la région grenobloise. Les frères Z, maîtres des boîtes de nuits parisiennes, ont quant à eux bénéficié de protection jusqu'aux années 70. Un de leurs associés servait en effet de colleur d'affiche et d'agent électoral aux candidats gaullistes. Les truands marseillais ne sont pas en reste. A commencer par deux des principaux compères de Jean-Baptiste Croce durant la French Connection, qui ont eux aussi leur carte tricolore. Du côté de Nice, on citera notamment Bianchini ou encore Giaume. Les boss du Milieu niçois ont à tour de rôle été les dirigeants locaux du SAC. Enfin, pour ce qui concerne Aix-en-Provence, c'est une figure de la criminalité locale, un dénommé Sauveur, qui dirige l'antenne aixoise du Service.

  • Entrons un peu plus dans le détail. S'il était initialement dirigé par Pierre Debizet, le vrai patron était certainement Jacques Foccart, confident de De Gaulle.

Les autres dirigeants gaullistes se nommaient Charles Pasqua (Charles Pasqua, qui a été vice-président de l'organisation, aurait été exclu du SAC sur ordre de Jacques Foccart au début de 1969 pour avoir tenté d'en prendre le contrôle à la faveur des événements de mai 1968), Roger Frey, Paul Comiti, Alexandre Sanguinetti, Dominique Ponchardier et Jean Bozzi. Mais pourquoi ces hommes ont-ils réalisé un tel recrutement alors qu'initialement anciens résistants, vétérans des guerres coloniales, policiers en retraite ou même en activité constituaient les principales cibles des recruteurs ? La réponse est très simple : les effectifs étaient insuffisants, d'où la nécessité de puiser dans les bas-fonds de Marseille et de Lyon.

A l'occasion, le SAC fournissait à ses troupes de fausses cartes de police et des armes. Bien payés, les hommes du SAC exécutaient les basses oeuvres du régime dont la police et l'armée ne pouvaient se rendre coupables : exécutions d'otages, infiltrations, tortures etc.

  • L'histoire du Service ne compte plus bientôt les attentats, les passages à tabac, les fusillades, les cambriolages, les trafics de drogue, les chantages, les extorsions de fonds, les meurtres et les affaires de proxénétisme... C'est donc un fait bel et bien réel. Une véritable osmose a vu le jour entre les caïds et le SAC. Les chiffres sont là pour le prouver. Entre 1960 (année de création) et 1982 (année de désintégration), quelques 65 affaires, impliquant 106 membres du Service, ont pu être dénombrées.

Le SAC a finalement été dissout par une ordonnance du Conseil des Ministres, le 3 août 1982, à la suite de la "tuerie d'Auriol", dans laquelle l'un des responsables de l'organisation, l'inspecteur Massié, sa femme, ses enfants et d'autres membres de sa famille ont été sauvagement massacrés par un commando du SAC. Certains, lors de la période de flottement du S.A.C, voulurent récupérer cette organisation qui a toujours existé de façon autonome par rapport aux différents partis gaullistes. Charles Pasqua est l'un d'eux. Le plus célèbre de nos ministres de l'intérieur créa à cette occasion "Solidarité et défense des libertés" qui rassemblait des membres du R.P.R, de l'U.D.F, des anciens du S.A.C et même de certains mouvements très à droite comme le P.F.N. Ce descendant du S.A.C n'a finalement pas eu une existence très importante.

En juillet 1981, la tuerie d'Auriol (meurtre de l'inspecteur MASSIE et massacre de sa famille) fait ressurgir sous les feux de l'actualité un sigle qui avait connu son heure de gloire durant les années 1960-1970, celui du Service d'Action Civique (SAC). Ce mouvement est issu en 1958 du Service d'ordre du Rassemblement du Peuple français, lointain ancêtre du RPR. Le SAC se veut alors une sorte de garde prétorienne, exclusivement rattachée à la personne du Général De GAULLE, en dehors de tout parti politique. Il bénéficie ainsi d'une sorte de label officiel qui lui permettra d'avoir grandes et petites entrées dans l'appareil d'État ainsi que de la complicité active et passive d'une partie de la hiérarchie policière. Cette proximité du pouvoir expliquant également l'attrait que le SAC va provoquer chez des truands en mal d'impunité. Mais les événements de mai 1968 vont faire vaciller le pouvoir, l'onde de choc finissant même par déboulonner le Général de GAULLE en 1969. Dès lors, le SAC va se transformer.

  • Il deviendra tout d'abord un prestataire de services auprès du mouvement gaulliste (UDR puis RPR), et d'un certain patronat de choc (Peugeot, Citroen ). Combattant par tous les moyens les partis et organisations de gauche, revendiquant hautement un anticommunisme viscéral et primaire, ne cachant pas son goût pour l'ordre, le SAC va alors intégrer tout naturellement des militants d'extrême droite avant de soutenir certaines de ses initiatives (notamment celles du Parti des Forces Nouvelles). Ayant pressenti la victoire de la gauche en 1981, le SAC s'était préparé à jouer un rôle de fer de lance de la nouvelle opposition.

Mais la tuerie d'Auriol, puis la constitution d'une commission d'enquête sur ses activités et enfin sa dissolution en août 1982 briseront son élan. Mais le SAC n'est pas mort pour autant. Tout a été préparé un peu avant cette période pour que soient installées de nouvelles structures à mettre à la disposition de ses anciens et nouveaux militants pour continuer sous des formes renouvelées le combat contre la gauche en particulier et la subversion en général. Certains de ses initiateurs, adhérents et sympathisants se retrouveront même aujourd'hui dans les couloirs du nouveau pouvoir, dans des ministères, à l'Assemblée nationale.

LA FIN DU SERVICE D'ACTION CIVIQUE

Dès le début 1981, Pierre DEBIZET, le secrétaire général du SAC, envisage la victoire de Mitterrand à la présidentielle, ainsi que ses conséquences. Il décide donc de mettre à l'abri le fichier du SAC pour éviter qu'il ne tombe aux mains des "socialos-marxistes". Mais il n'aura pas le temps d'envisager la suite car il est interpellé puis incarcéré dans le cadre de la tuerie d'Auriol, tandis que plusieurs autres dirigeants de l'organisation sont interpellés, stoppant par là même toute tentative de réorganisation du SAC. Sa culpabilité n'ayant pu être prouvée, DEBIZET, après quelques semaines de prison, est libéré en septembre 1981 et se remet au travail. C'est ainsi que, dans une interview au Journal du Dimanche il annonce "Avec mes hommes, avec mon organisation transformée, modernisée, nous nous mettons à la disposition de la nouvelle opposition, surtout celle qui sert le plus les idées gaullistes". Au niveau interne dans une lettre envoyée aux responsables départementaux du SAC, datée du 21 octobre 1981, il écrit :

"D'ici quelques semaines lorsque nous verrons plus clair je vous communiquerai les projets auxquels nous réfléchissons en ce moment tendant à faire du SAC une organisation mieux adaptée et donc plus efficace pour répondre à la situation politique actuelle".

Le SAC vit alors une période de flottement entre la perspective d'une interdiction et la réorganisation nécessaire à sa survie. Mais le sort du SAC n'intéresse pas que ses militants, certains au sein du RPR sont tentés de le récupérer à leur profit, celui-ci ayant toujours fonctionné comme une organisation autonome vis-à-vis du mouvement gaulliste. C'est le cas de Charles PASQUA, bien évidemment, qui ferait ainsi d'une pierre deux coups en réglant certains comptes avec DEBIZET. En effet, en 1969 PASQUA avait démissionné du SAC suite à la nomination de DEBIZET à la tête de celui-ci.

C'est ainsi qu'en compagnie de Paul d'ORNANO, il lance un mouvement intitulé 'Solidarité et Défense des Libertés' qu'il définit comme "un centre de rassemblement ferme et résolu" ouvert à tous ceux "qui refusent le socialisme et veulent agir". Il y a là en vitrine Alain JUPPE, Jacques TOUBON, Yvon BOURGES et Jacques MEDECIN pour le RPR, Alice Saunier SEITE et Jacques DOMINATI pour l'UDF. On y remarque aussi la présence de François BACHELOT qui deviendra en 1986, député du Front national et Pierre LAGAILLARDE ancien député d'Alger et héraut de l'Algérie française. Côté encadrement on retrouve Gérard ECORCHEVILLE un ancien d'Ordre Nouveau et du Parti des Forces Nouvelles que PASQUA à récupéré dans son équipe, avec son beau-frère Alain ROBERT. Sur le terrain ce mouvement réactive de vielles amitiés. À Marseille par exemple c'est en février 1982 qu'est créée une section de Solidarité et défense des libertés. PASQUA viendra en personnes inaugurer les locaux. Le président est Paul GAILLET, ancien secrétaire fédéral du SAC, le vice-président est Jean ROUSSEL, futur député du Front national en 1986, le secrétaire est Joseph NICOLAI ancien commandant principal de la police de Marseille et membre du SAC. On trouve comme membres :

- Gilbert CHABILLAT, ancien responsable du SAC de 1970 à 1975 (date de son exclusion) et qui s'est reconverti depuis dans le Devillierisme,

- Humbert GIACONELLI, un ancien policier membre du SAC,

- Henri NEURMOND, un autre ancien policier, membre lui aussi du SAC,

- Me Henri RUGGIERI, membre lui du RPR et du SAC.

On trouve aussi et surtout Gérard KAPPE responsable du SAC marseillais de 1967 à 1969, connu pour avoir préparé à Marseille en mai 1968, "l'opération stade" consistant à l'arrestation et au regroupement de diverses personnalités et syndicalistes de gauche dans des stades de foot, préfigurant ainsi ceux du Chili de 1973. Viré du SAC en 1969, il créait une fédération sud-est du SAC, mouvement dissident du SAC national. À la même époque d'autres SAC dissidents se constitueront à l'instigation de Charles PASQUA qui venait d'en démissionner.

Sur le terrain, 'Solidarité et Défense des Libertés' ressemble beaucoup à un SAC bis. Ce qui explique le peu d'empressement du RPR et de l'UDF à soutenir cette initiative de PASQUA. 'Solidarité et Défense des Libertés' sera bien éphémère, sa seule manifestation officielle aura lieu en mai 1982 à la suite de l'attentat de la rue MARBOEUF. La manifestation tournera très vite à la manifestation anti-MITTERRAND d'autant qu'on y remarquera de nombreux militants du Parti des Forces Nouvelles et du Centre National des Indépendants et Paysans. Peu après, Solidarité et défense des libertés se dissoudra, marquant par là même l'échec de la tentative de récupération du SAC par PASQUA.

  • Entre temps le SAC avait réagi : c'est ainsi que le 16 décembre 1981 ont été déposés les statuts d'une nouvelle association intitulée "Mouvement Initiative et Liberté"(MIL).

Cette association a pour objet de "défendre et de promouvoir une organisation de la société française fondée sur l'initiative personnelle des citoyens. Elle est inspirée par les valeurs civiques, culturelles, morales et spirituelles de la civilisation française, de façon à réaliser les conditions de développement de la véritable liberté". Elle "affirme son attachement actif aux libertés essentielles parmi lesquelles la liberté d'entreprise, moteur du progrès économique et social et facteur d'épanouissement humain, la liberté effective de l'enseignement, condition du respect des consciences et des croyances". Elle a pour président Jacques ROUGEOT, comme secrétaire général Bernard FURTH et comme trésorier Jean Louis GOURSALAS, et enfin elle est alors domiciliée 8, rue de Musset dans le XVIe arrondissement de Paris. Le nom du président et l'adresse seront certainement familiers aux étudiants, en effet, puisque correspondant à ceux de l'UNI (l'Union Nationale Interuniversitaire) dont Jacques ROUGEOT, professeur de lettres, est le président national.

L'UNI a été créée à l'initiative du SAC après les événements de mai 1968 pour "regrouper tous ceux qui entendent soustraire l'Éducation Nationale à l'emprise communiste et gauchiste, et défendre la liberté en luttant contre toutes les formes de subversion". Depuis cette époque l'UNI est toujours demeurée étroitement associée au SAC. La parenté idéologique et l'interpénétration des deux organisations conduisirent au fil des années l'UNI et le SAC à de nombreuses actions communes. Le SAC n'a de cesse d'apporter en effet à l'UNI un soutien actif aux opérations dont elle avait décidé le lancement. La double appartenance des membres de l'UNI au SAC facilitait un tel état de choses.

Logique retour des choses donc de voir l'UNI apporter à son tour son soutien à la nouvelle version du SAC en lui fournissant sa logistique : adresse, responsable, matériel.

INSTALLATION DU MIL DANS LES LOCAUX DE L'UNI

Tout comme le SAC "première manière" : (1958 à 1969), le « MIL » met un point d'honneur à être le garant de l'héritage gaulliste. On y trouve par exemple le gendre du Général de GAULLE, le général Alain de BOISSIEU, mais se détache une figure :

  • Jacques FOCCART. Cet ancien résistant est appelé en 1958 au poste de conseiller technique à Matignon chargé des affaires africaines. C'est ainsi que pendant près de 35 ans il va tisser des réseaux d'influence avec de nombreux chefs d'état africain, mêlant affaires, espionnage et politique. Très proche de De GAULLE, il est considéré par beaucoup de gaullistes comme la voix du Général. C'est dire l'influence qu'il a exercée et exerce encore. Membre honoraire du SAC, il en est même pour beaucoup (comme PASQUA) le père spirituel voire l'inspirateur. C'est lui qui rappellera par exemple Pierre DEBIZET à la tête du SAC en 1969, ce qui entraînera le départ de certains de ses dirigeants, tels PASQUA. Il restera toujours très actif et influent puisqu'il continuera sa carrière sous POMPIDOU jusqu'en 1974. Lui succédera sous Giscard un de ses élèves, dont il guidera les pas à travers les marigots de la politique africaine de la France. Politique qui a toujours consisté en la pratique d'un clientélisme à la petite semaine aux bénéfices de pouvoirs autoritaires peu regardant sur les moyens de garder le pouvoir.
  • Une politique qui n'a guère évolué sous MITTERRAND, ce dernier renforçant le caractère personnel et réservé de ce domaine de la politique étrangère. Il en confiera la direction à son fils Jean-Christophe, surnommé dans les palais africains "Papa m'a dit".
  • À son retour comme Premier ministre en 1986, CHIRAC appellera à ses côtés Jacques FOCCART comme conseiller personnel pour l'Afrique ! Si aujourd'hui en tant que président, il a nommé Michel DUPUCH au 2 de la rue de l'Élysée, l'adresse de la cellule africaine de la présidence,
  • il n'a pas oublié FOCCART qui a hérité du 14 rue de l'Élysée. FOCCART ne reste pas loin du pouvoir. D'autant plus que c'est un de ses anciens protégés qui a été nommé ministre de la coopération en la personne de Jacques GODFRAIN qui, extraordinaire coïncidence, fut membre du SAC de 1968 jusqu'en 1978, y occupant les fonctions de trésorier.
  • Autre coïncidence, FOCCART n'est pas tout seul au 14 rue de l'Élysée, il y est secondé par Fernand WIBAUX, qui fut ambassadeur au Tchad durant plusieurs années et un très proche conseiller diplomatique de CHIRAC de 1986 à 1988.

Son nom sera même évoqué comme possible chef de la DGSE en 1987 suite à l'affaire Greenpeace. Un WIBAUX que l'on retrouve au comité d'honneur en compagnie d'autres gaullistes historiques comme Roger GALLEY ancien ministre de De GAULLE en 1968 ou encore Pierre MESMER, Premier ministre de POMPIDOU. Du côté héritage de la Résistance citons les deux noms : Pierre CLOSTERMAN, ancien pilote de l'escadrille franco-russe Normandie NIEMEN. Son attachement aux valeurs du gaullisme ne l'a pas empêché de donner une interview au journal d'extrême droite 'Le Choc Du Mois' dans lequel il disait tout le bien qu'il pensait de Jean-Marie Le PEN. Autre figure : Michel CARAGE un ancien de la France libre.

Au début de l'année 1981, le SAC participe directement à la création d'un comité de soutien à un certain commandant Pierre BERTOLINI. Cet illustre inconnu était accessoirement commandant des pompiers de la protection civile en Corse mais surtout connu pour être le principal dirigeant de l'organisation anti-indépendantiste Francia (Front Nouvelle Contre l'Indépendance et l'Autonomie). À l'actif de cette organisation, plusieurs attentats commis contre des biens appartenant à des militants nationalistes corses. Début janvier 1981, BERTOLINI et certains de ses militants sont interceptés par des autonomistes à Bastelica alors qu'ils préparaient une nouvelle action. À cette occasion on découvre sur BERTOLINI et un de ses complices une carte de membre du SAC. Inculpé pour différents attentats, BERTOLINI sera traduit devant la justice et condamné. Le SAC ne l'oubliera pas et lui crééra un comité de soutien, invitant ses membres à adhérer et à le soutenir financièrement. À la tête de ce comité on trouvait alors Michel CARAGE.

L'IDÉOLOGIE DU MIL

Là aussi on retrouve beaucoup d'analogies avec le défunt SAC : le « MIL » se veut aussi à part, il n'est pas un parti politique, partis dont il se méfie, ceux-ci étant "tributaires d'intérêts particuliers, d'échéances électorales, tentés par des compromissions ou des louvoiements de circonstance". Il entend faire sentir son poids dans la vie nationale en s'efforçant d'infléchir dans le sens des principes qu'il défend les décisions prises aux divers échelons. C'est ainsi que "s'il ne lui appartient évidemment pas de formuler un code moral à usage individuel et privé… il lui incombe de dire clairement à quelles valeurs civiques il se réfère". Tout d'abord dans la primauté de la personne « entre le principe personnel et le principe collectiviste il existe une incompatibilité de nature ». Il faut donc choisir. Tout système qui se présente comme le mélange des deux, par exemple, sur le modèle social-démocrate aboutit finalement à imposer en douceur la primauté du collectif. « Autres valeurs défendues par le « M.I.L » : la libre entreprise et l'initiative personnelle ». La famille ("elle est globalement une nécessité absolue") et la Nation. Mais attention

"la société française est menacée par des dangers variés, parfois subtils qui visent à détruire les valeurs civiques sur lesquelles elle repose" ! Le premier de ces dangers est la perte d'identité. Pour le MIL "il ne fait pas de doute que l'immigration sous sa forme actuelle constitue une menace mortelle pour l'identité nationale parce qu'elle présente des caractéristiques nouvelles et dangereuses. Les immigrés sont beaucoup trop nombreux : au point de vue numérique le seuil de tolérance est déjà nettement dépassé". "Elle crée toutes les conditions d'affrontements violents qui ne marqueraient pas de transformer des réactions de défense naturelle en réactions qui cette fois seraient effectivement racistes".

Face à ce danger le « MIL » préconise de "prendre des mesures sévères contre l'immigration clandestine mais aussi de limiter de façon beaucoup plus rigoureuse les conditions d'accueil". Autre menace cette fois extérieure "l'Europe fédérale et supranationale" qui mettrait en danger la souveraineté nationale. La France serait aussi l'objet d'une tentative de dissolution à l'échelle mondiale : "cette tentative procède d'une conception d'ensemble selon laquelle pour assurer le bien de l'humanité et garantir la paix perpétuelle et la prospérité économique il faut que le Monde soit dirigé en fait de façon fort occulte, par une sorte de gouvernement des sages. Au service de cette conception mondialiste sont mis des moyens d'action d'une ampleur impressionnante. Quelques organisations dont la plus connue est la Trilatérale des entreprises multinationales" pour qui "une France forte, autonome et rayonnante est particulièrement gênante, donc particulièrement visée".

LES MENACES

Bien évidemment le « MIL » a pris en compte le déclin politique de son ennemi le plus ancien, le communisme. Un résultat

"qui est pour lui une victoire à laquelle nous avons contribué en participant très vigoureusement au combat".

Toutefois, on remarque que "ses courroies de transmissions traditionnelles" ont beaucoup mieux préservé leur puissance : "la CGT demeure la première force syndicale, elle possède encore une capacité de mobilisation non négligeable et dispose même d'une force physique toujours redoutable. Elle conserve des leviers d'action dans des secteurs névralgiques de l'économie française ; énergie (EDF), transport (SNCF) etc." À cet ennemi traditionnel sont venus s'ajouter :

- "L'écologisme utilisé sous sa forme naïve ou sectaire, comme une entrave à l'esprit d'initiative et au développement de certaines idées".

- "L'antiracisme qui prétend faire appel aux bons sentiments (et qui) exploite pour devenir un instrument de désagrégation qui aboutit à détruire la nation".

- "Le tiers-mondisme mélange confus et pervers de sentimentalisme et de politique mondialiste… Il vise à culpabiliser l'Occident et les pays développés présentés comme des exploiteurs cyniques des pays pauvres. En France la mauvaise conscience qui en résulte et qui est systématiquement cultivée, empêche de regarder en face les dangers de l'immigration et de prendre des mesures nécessaires pour les combattre".

Enfin, plus insidieux encore :

"On voit se développer depuis longtemps une entreprise systématique de prise en main (par la gauche) des structures de toutes sortes, que ce soit dans le domaine de l'enseignement et des médias, mais aussi de la justice, de la police, des entreprises, des églises etc.". "Ainsi une organisation comme le syndicat de la magistrature qui a profité du pouvoir de la gauche pour mettre la main sur l'appareil judiciaire ne se cache pas de promouvoir une justice inspirée de considérations idéologiques et politiques rendant la société responsable de la plupart des crimes et délits, il prône l'indulgence à leur sujet et se propose à l'inverse, d'alourdir la répression contre la délinquance en col blanc. C'est bien un nouveau droit, une nouvelle morale sociale que ces juges rouges ou roses veulent faire valoir".

Voilà des considérations qui ont dû aller droit au cœur de Robert PANDRAUD membre d'honneur du MIL, mis en examen dans une affaire de fausses factures destinées au financement du RPR.

Heureusement, face à L' Anti-France se dresse le « MIL ». Ni parti politique, ni syndicat, ni club de pensée. Le « MIL » se veut un mouvement de réflexion et d'action, mais attention une action qui se détermine par rapport aux principes cités plus haut, "principes (qui) servent surtout de boussole pour indiquer le sens de l'action qui sans cela risquerait de dégénérer en activisme". On a tiré les leçons du SAC.

Politiquement le « MIL » s'est "résolument situé à droite et s'emploie à favoriser l'union des partis de droite". Cela consisterait à reprendre et répandre des mots d'ordre ou des campagnes du Front national comme par exemple : La France, « aimez-la, ou quittez- la ». Sur le terrain, le MIL est organisé en trois types de structures :

1. Territoriale : région, département, ville.

2. Militante : collage, tractage etc.

3. Socio-professionnel : entreprises, profession, grands corps…

Quant au recrutement, il est très encadré. En effet le « MIL » ne vise pas à être une organisation de masse mais une organisation qui cherche à recruter des gens sûrs. C'est ainsi que, pour adhérer, il faut être parrainé. Puis, les adhérents se divisent en deux : ceux qui veulent adhérer pour les idées et ceux qui veulent être plus actifs. À ces derniers on propose un questionnaire plus complet, sur le type d'activité souhaité, sur leur engagement actuel, leur passé politique. Bref, un questionnaire qui rappelle furieusement celui du défunt SAC, là encore…

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Jean 30/05/2015 02:24

Tres bon dans l'ensemble. Mais je voudrais apporter un serieux complement, je reside en guyane depuis 35 ans plus 4 ans en guadeloupe avant la normandie et avant cote d'ivoire mali (france afrique)mes pieds etant noirs , né a constantine.j'ai trouve beaucoup de points communs qui se rattachent a l'apres french connexion.j'ai pu localiser des personnes des faits et cela continue actuellement avec evolution non pas cote statut mais detachement de kourou zone europe et bizarre 4 000 km2 disparut sont en passe de revenir au fond de la guyane complicite de certain chef ou comme tel (et non etat) implantation francmaconnerie et plus et si vous veniez je suis en approche de pierre pean mais a mon age je voudrais mettre sur la table avant de partir. Si le coeur vous en dit !! A plus!!

Pierrette Roc Diallo 30/05/2015 06:40

Au plus simple, contactez-moi sur cette page : https://www.facebook.com/declicafrique

Pierrette Roc Diallo 30/05/2015 06:37

Venir, je ne le peux. Mais je peux recueillir votre témoignage et le publier, et lui donner un certain retentissement... Je vais vérifier que mon contact mail est bien à jour et fonctionne. Bien à vous.