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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Vous voulez changer vraiment? Les solutions existent

Publié le 11 Février 2015 par Pierrette Roc Diallo

Vous voulez changer vraiment? Les solutions existent

Trois formes juridiques particulières caractérisent l’économie sociale :

  • - Les coopératives sont fondées sur la propriété et la gestion collectives de l’activité. Elles existent dans des secteurs d’activité très différents : la production, l’épargne et le crédit, la consommation, la distribution, l’habitation, l’assurance, etc. On peut rattacher à cette forme d’entreprise des initiatives, surtout dans les pays du Sud, qui n’ont pas un statut explicitement coopératif mais qui se réfèrent aux mêmes principes et pratiques (syndicats et unions de producteurs, groupements de paysans, d’artisans, de pécheurs, caisses d’épargne…)
  • - Les mutuelles sont des sociétés de secours mutuel contre les aléas de la vie, qu’il s’agisse de la santé ou de la protection des personnes, via des produits d’assurance, de retraite ou de prévoyance. Elles sont nombreuses dans les pays où les systèmes nationaux de sécurité sociale sont défaillants ou embryonnaires, pouvant mutualiser des risques associés également à la production (mauvaise pêche, mauvaise récolte).
  • - Les associations rassemblent toute autre forme de libre association de personnes visant une activité économique sans une finalité première de profit. Les formes juridiques qui accompagnent les organisations associatives peuvent être très différentes d’un pays à l’autre.

Capacité de changement social

Du moment que l’économie solidaire apparaît comme archétype de “ l’autre économie ”, il faut définir le type d’alternative qu’on vise par rapport à l’économie classique. Des approches très différentes peuvent ainsi être identifiées selon le type de changement souhaité et la capacité de l’économie solidaire à le concrétiser. Il nous faut, là encore, distinguer trois grandes mouvances :

  • la mouvance palliative pour laquelle l’économie solidaire pallie essentiellement les défaillances du secteur public et du marché, et vise à combler un vide en termes de satisfaction des besoins de populations-cibles ;
  • la mouvance réformatrice où l’économie solidaire s’introduit dans l’économie classique en essayant d’articuler la logique pure de marché avec d’autres critères, définis en termes sociaux et politiques ;la mouvance radicale qui voit dans l’économie solidaire le paradigme d’un système économique alternatif à celui de l’économie de marché
  • Ces approches apparaissent souvent dans l’opposition entre les différentes pratiques de l’économie solidaire mais aussi à l’intérieur même de chacune d’elles. La confrontation de ces différents modèles de transformation sociale associés à l’économie solidaire renvoie au lien entre économie solidaire et modèle de développement : c’est en ce sens que nous abordons la question du lien entre économie solidaire et développement durable.

Pour introduire le sujet des monnaies sociales et complémentaires, nous aimons commencer par cette citation de Bernard Lietaer

« Il est temps de déterminer où nous voulons aller et concevoir un système monétaire pour nous y emmener».

  • Les monnaies sociales sont en effet des outils d’échange, conçues et designées pour servir des projets de développement durable, des projets de l’économie sociale et solidaire : soutenir le développement économique local des communautés fragiles, orienter des comportements d’achat vers les commerces respectueux de l’environnement, créer du lien social …

Elles sont complémentaires, elles n’ont pas pour objectif de remplacer nos monnaies conventionnelles (comme l’euro) mais bien de les compléter, facilitant les échanges en mariant besoins non satisfaits et ressources non utilisées, ou permettant de flécher des flux monétaires vers des territoires, secteurs, activités économiques qui en ont besoin.

Les spécialistes estiment qu’il en existerait autour de 4000 dans le monde. Elles peuvent se ressembler mais toutes sont différentes. Elles sont créées pour et par une communauté de citoyens et/ou d’entrepreneurs qui définit ses objectifs, son design, ses règles et caractéristiques.

Face aux dysfonctionnements du système, les monnaies sociales complémentaires apparaissent comme un outil pour promouvoir d’autres types d’échange, des « échanges qui ont du sens », et les initiatives se multiplient. L’enjeu est alors qu’elles puissent être vecteur d’un autre modèle de développement économique : forcément solidaire et inclusif, au service de tous et de la transformation du territoire.

Ou, dit autrement, comment cet outil peut nous aider à privilégier et développer un autre modèle économique, résolument social ?

Pourquoi les monnaies sociales et complémentaires

  • Les monnaies sociales complémentaires reviennent à l’idée de base d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains.
  • Elles naissent là où la rareté de monnaie officielle empêche les échanges nécessaires, en réponse aux besoins des personnes et à l’expression des potentialités et richesses de chacun, ou encore lorsque l’on veut privilégier, renforcer un certain type d’échange.
  • Elles réhabilitent les deux premières fonctions de la monnaie, celles d’unité de compte et de moyen d’échange, et se mettent en oeuvre pour faciliter, accélérer ou orienter les échanges, ou certains échanges.

L’outil monétaire « dysfonctionne ».

La principale fonction de la monnaie, sa justification historique, est, nous l’avons vu, de faciliter l’échange et l’activité entre les êtres humains, en établissant une unité de compte commune et en créant un espace de confiance. Cet étalon étalon permet alors un échange très supérieur à ce que permettent des formes comme le troc. Or cette fonction première est aujourd’hui gravement mise en cause….

  • - Par la « sous‐monétarisation » pour les milliards d’êtres humains en situation de pauvreté, qui n’ont pas accès à la monnaie. Ils ont à la fois le besoin, la capacité et le désir d’échanger, de créer de l’activité, mais ne peuvent le faire par manque de moyens monétaires. Pour eux cela signifie que la monnaie ne remplit pas sa fonction première, celle de faciliter l’échange et l’activité. En parallèle, on assiste à la « surmonétarisation » d’une minorité de possédants très riches. Cet excès de monnaie dépasse largement leur capacité à échanger, et vient alimenter les marchés financiers, pour faire de l’argent avec de l’argent.
  • - Par la transformation de la monnaie, qui, d’un outil de lien (faciliter les échanges) est devenu un bien synonyme de richesse.
  • - Par le transfert de la monnaie qui passe de l’activité productive vers l’activité spéculative. (y compris avec la spéculation autour des matières premières et ses répercussions sur la production elle même).
  • - Par la logique d’un système où la monnaie est indifférente à la nature et à la finalité de l’échange, une logique qui ne pense que « flux monétaires » et non plus besoins, potentialités, finalités.
  • - Par le non contrôle démocratique de la création monétaire et de la régulation du système.
  • - Par l’enracinement d’une culture de la « prédation » et de la domination contaminant les relations sociétales, à toutes les échelles.

Face à ces dysfonctionnements, les monnaies sociales et complémentaires reprennent alors l’idée de base, celle d’une d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains

  • Elles s’ancrent dans la définition de la monnaie comme

« un accord au sein d’une communauté qui utilise un objet standard comme moyen d’échange » (Bernard Lietaer).

  • Les monnaies sociales et complémentaires proposent une autre façon d’échanger. «L’accord » n’est plus le même.Cet accord se construit autour de l’idée d’un outil au service d’un projet et d’un modèle de société qui pourrait se résumer par les questions : quels échanges, pour quoi, entre qui ?
  • Il est clair que tout projet de monnaie complémentaire, pour autant qu’il recherche effectivement à répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques actuels ‐ et non à reproduire le système, vient
  • réinterroger en profondeur modes de pensée, nos pratiques (sur la richesse, la monnaie,l’échange, la rétribution, la mesure,…)
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