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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Quand on veut prouver

Publié le 30 Mai 2015 par Pierrette Roc Diallo

Quand on veut prouver

Je continue ma discussion avec mon jeune ami (38 ans) SELidaire.

https://www.facebook.com/declicafri…/posts/1633583420211860…

J. a donc compris le point de vue de l'enseignant et que sa rancune d'enfant n'était que la persistance d'une incompréhension à adopter le point de vue de l'autre.

Il aime discuter, il en arrive à me parler de Faurisson, qu'il a lu en détail, pour, me dit-il, savoir la vérité. Il a étudié tous les détails fournis par Faurisson, et il est convaincu (comme beaucoup qui, il faut le dire, ont besoin de se justifier d'être antisémites), que les chambres à gaz n'ont jamais existé, que les détenus photographiés à la libération étaient ainsi à cause du typhus, d'ailleurs il y a très peu de ces photographies, alors qu'on trouve beaucoup de photos de cours de tennis, de piscines, etc...
Le club Med, quoi.

J'essaie de le pousser dans ses arguments... pourquoi envoyer les juifs, les homosexuels, les tziganes dans des camps tout confort ?

Pour qu'ils travaillent me dit-il. Voyons, pour qu'ils travaillent, il fallait qu'ils soient en pleine forme, donc bien traités et bien nourris.

Ah bon ?

Oui, parce que s'ils n'avaient pas été dans des camps, ils n'auraient pas voulu travailler .

Tiens donc, alors les juifs, les tziganes, les homosexuels, sont des paresseux ? ... J. bredouille, je sens qu'il le pense...

Alors je lui parle du STO. Le STO, ce sont des français, volontaires ou enrôlés de force, plus souvent enrôlés de force, bien sûr, qui ont été emmenés en Allemagne pour remplacer les hommes allemands qui tombaient sur tous les fronts du monde.

J. n'est pas au courant de ce « détail » de l'histoire, Faurisson, n'en parle sans doute pas dans son livre, et pour cause.

Car les STO étaient effectivement bien traités, bien nourris, logés chez les habitants, choyés par la population... notamment par les allemandes qui n'avaient plus d'hommes pour les travaux des champs comme pour les jeux en chambre.

Et là, mon J. est embarrassé. Voilà une chose dont Faurisson n'a pas parlé, et qui démonte toute cette argumentation. Il est gêné, et il préfère repartir chez lui.

Pensez, toute une construction, une représentation de la vie qui déraille parce qu'une information manquait.

Le problème est que J. lit beaucoup, lit bien sûr ce qui l'intéresse et va dans le sens de ce qu'il a envie de croire.

Il n'a pas internet, il vient chez moi pour passer ses mails.

S'il avait internet, il ferait une recherche sur Faurisson et il découvrirait des dizaines encore d'omissions ou falsifications de Faurisson, car quand on veut impérativement prouver quelque chose, on ignore trop facilement ce qui va à l'encontre de ce qu'on veut prouver.

Et je retrouve ce procédé dans toutes les théories raciales (pour ne pas dire racistes) que je lis couramment sur mon mur facebook et dans les groupes de discussion, dans les partages d'articles dans les médias.... Et dans les livres d'histoire africains-africains qui naissent de cette volonté de prouver mille choses dont en fait on n'a pas besoin sauf à reconnaître que ces noirs-là ont un sacré complexe d'infériorité, qu'ils devraient soigner par un travail sur soi et non un travail sur l'histoire.

Il n'existe pas une vérité blanche, une vérité noire.
Oui, l'histoire est écrite par les vainqueurs. L'histoire officielle du moins.

L'explosion d'internet met à disposition de tous des travaux d'historiens indépendants, voire amateurs passionnés, qui cherchent à démonter toutes les mystifications des histoires officielles d'où qu'elles soient.

Et ce n'est pas en poursuivant le travail de mystification cette fois à l'avantage des noirs que l'Afrique va se construire un avenir.

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