Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Les constitutions protègent-elles les peuples ou les politiques?

Publié le 27 Août 2015 par Lu Nienne Diallo

Les constitutions protègent-elles les peuples ou les politiques?

Le Burkina est plongé dans une situation ubuesque, se raccrochant après insurrection à une constitution qui, si on s'y tient (et on s'y tient) donnerait (et donne) le droit aux gouvernants chassés par le peuple... de se représenter.

Les constitutions protègent-elles les peuples des abus de leurs dirigeants?

Songez à La France, encore aujourd'hui sous le régime d'une constitution taillée sur mesure par un général qui traitait les français de veaux et votée par des gens qui venaient de se donner à un maréchal presque nazi.

Le Burkina vit sous le régime d'une constitution ... taillée sur mesure par Blaise Compaoré. Et s'y réfère pour organiser des élections dont on attend un apurement de la politique burkinabè.

On croit rêver, non? Eh bien non, on ne rêve pas.

Les constitutions rassurent les peuples qui se sentent protégés, encadrés.

Encadrés, assurément ils le sont. Piégés même.

Protégés, c'est une autre question. Le Burkina est pour cela un cas d'école. La constitution a permis à un régime vérolé de se maintenir 27 ans, et elle permet aujourd'hui à ceux qui l'ont vérolé de revenir en position de force.

Mais est-ce étonnant?

Les constitutions sont écrites par des professionnels de la politique, exactement pour ce qu'elles font : encadrer les populations et protéger les politiques en leur laissant toutes possibilités d'asseoir leur pouvoir sur leur dos.

Je l'ai déjà écrit, il faudrait, écoutant le professeur Etienne Chouard, remplacer les constitutions en les faisant réécrire par les peuples.

Cela ne dépend que de la volonté des peuples d'exiger cela de leurs dirigeants.

A défaut de cette force de volonté (ou en l'attendant), il est clair qu'il faudrait très rapidement voter un amendement afin de prévoir un moyen d'échapper à cet encadrement infernal.

Il faudrait prévoir, en cas de volonté populaire d'obtenir justice de gouvernants abusifs, l'élection d'un gouvernement provisoire, pour 5 ans, constitué uniquement de personnes n'ayant eu aucun rapport avec le gouvernement rejeté.

Il aurait pour vocation de redresser le pays tout en recherchant les responsables des délits imputés et en les faisant traduire en justice, dans les juridictions appropriées.

Ce gouvernement provisoire aurait 5 ans pour enquêter, ouvrir des archives récentes ( pourquoi pensez-vous que les archives restent inaccessibles si longtemps?) et procéder aux inculpations, si possible rendre la justice.

Les élections normales pourraient se tenir ensuite, et les politiques lavés de tout soupçons pourraient alors se représenter.

Commenter cet article