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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

LES OBJECTIONS ET ARGUMENTS : la démocratie athénienne et la constitution (suite et fin)

Publié le 27 Août 2015 par Lu Nienne Diallo

LES OBJECTIONS ET ARGUMENTS : la démocratie athénienne et la constitution (suite et fin)

Rappel : Etienne Chouard se réfère à la démocratie athénienne pour proposer le choix de leurs représentants (qui appliqueront les lois votées directement par le peuple) par tirage au sort et non par élections.

Objection 1 : Vous allez tirer au sort, ils vont faire n'importe quoi
Argument : ils vont être super contrôlés, et ce n'est pas eux qui votent les lois, ils les font seulement appliquer

Objection 2 : Vous décrivez un système qui fonctionnait avec 60 000 personnes... Les mécanismes institutionnels qui fonctionnaient à petite échelle ne fonctionneront pas à grande échelle.
Arguments:
on pourrait très bien avoir une cellule de base (la commune ou l'Arbre à Palabres en Afrique*), quelques dizaines de milliers de personne, c'est la taille de la cité. On pourrait avoir une vraie démocratie au sein de chaque commune. Ou la commune déciderait de tout ce qu'elle peut décider de façon autonome. Il est intéressant de voir quels sont les domaines où on laisse la commune décider elle-même et quels sont les domaines qu'on peut régler au niveau de la nation. La démocratie pourrait être appliquée à petite échelle et pour ce qui est de l'organisation de la grande échelle, utiliser le mécanisme de la fédération.
-l'élection n'est logique, défendable qu'à petite échelle, quand on connaît les élus, quand on connaît les candidats, quand on peut les surveiller, les interpeller parce qu'ils ne sont pas loin, alors qu'à grande échelle, l'élection est un foutage de gueule, puisqu'on ne connaît pas les gens, on ne sait pas ce qu'ils font, on ne peut pas les surveiller. Que savez-vous de l'activité de vos députés ? Rien du tout. Avec le tirage au sort et tous ces contrôles, il serait beaucoup plus dur de faire du lobbying, de la corruption, de trahir l'intérêt général

Objection 3 : avec le tirage au sort, comment pourrez-vous mener des projets à long terme ?
Argument : c'est oublier que le tirage au sort, c'est le tirage au sort de ceux qui décident, pas ceux qui votent les lois.
Le projet à long terme, vous l'avez avec les citoyens, qui sont capables de changer d'avis en disant « l'autre jour (ou l'an dernier) on a décidé ça, mais les effets sont épouvantables, on va changer »
Il y a un droit à l'erreur qui est nié par les élites comme si les élites ne se trompaient pas. Mais non seulement les élus se trompent mais déclenchent les pires catastrophes. Ce sont eux, qui déclenchent les guerres.
On se trompera, mais tout ce qui est vivant sur terre n'arrête pas de se tromper et corrige : action réaction, action, réaction. Pourquoi le corps social ne se tromperait pas, d'où viendrait que les élus ne se tromperaient pas.

Les sociétés sans chef, ou avec des chefs sans pouvoirs, comme dans les sociétés amérindiennes, étaient très ordonnées. Ce sont les riches, qui ont peur de perdre le pouvoir, et l'école républicaine (façonnée par les riches) qui nous font croire que sans chefs ce sera le chaos, qu'il faut des élections, qu'il faut qu'on se soumette, qu'on obéisse, qu'on travaille, tout ça, c'est des mensonges de riches pour qu'on travaille pour leur service.

Voltaire disait : « une société bien organisée est celle où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne. » Chlack !!!!

Si toutes ces injustices perdurent c'est parce que nous n'arrivons pas à leur résister, ce parce que nous sommes politiquement impuissants.

Notre impuissance politique est programmée dans un texte majeur, un texte juridique, que les hommes se sont imposées et auquel ils acceptent d'obéir. Et ce texte, tout le monde s'en fout, c'est la constitution.

On est le peuple à la base, et on veut un pouvoir au-dessus parce que ça nous protège de la loi du plus fort, contre l'arbitraire, contre l'injustice.

On a compris depuis 2500 ans que ces pouvoirs sont très utiles mais très dangereux. Très dangereux parce qu'ils peuvent abuser, ils peuvent se mettre à servir une caste parmi la population au lieu de servir l'intérêt général, ils peuvent exagérer, ils peuvent devenir arbitraires. Et non seulement ils peuvent mais ils vont probablement devenir fous.

Le pouvoir rend fou, le pouvoir corrompt, on le sait depuis longtemps, et c'est pour nous protéger, nous, de ces pouvoirs qui deviennent néfastes au bien commun, qu'on a mis au-dessus d'eux un texte qu'ils doivent craindre et qui s'appelle la constitution.

Cette constitution que les parlementaires, les juges, les ministres devraient craindre, s'ils doivent la craindre, il ne faut pas que ce soit eux qui l'écrivent...

Si nous laissons écrire la constitution par ceux-là-mêmes dont elle doit nous protéger, il ne faut pas qu'on s'étonne qu'elle nous protège mal.

Ce qui ne veut pas dire que les parlementaires en train d'écrire une constitution sont corrompus, c'est que le parlementaire, au moment d'écrire une constitution, est juge et parti. Il écrit des règles qu'il devrait craindre, il n'écrira pas les règles dont nous, nous avons besoin, et qu'il n'a pas envie de craindre. Il n'écrira pas la révocabilité à tout moment, les mandats courts et non renouvelables qui vont le chasser de la politique mécaniquement au bout de quelques années, non pas parce qu'il est corrompu, mais parce qu'en cette occurrence-là, il est en conflit d'intérêt.

Les réseaux sociaux, internet, voient des initiatives, chacun dans son domaine ( le nucléaire, la corruption des politiques, l'injustice sociale, l'écologie, etc...). Nous sommes dispersés, donc faibles. Il faut se focaliser sur cette institution qui nous redonnerait le pouvoir de ne pas commettre ces abus contre lesquels nous luttons en ordre dispersé.

Il ne faut pas attendre quoi que ce soit des parlementaires, des journalistes, des hommes de pouvoir ou de parti, tous ces gens-là vont détester cette idée, ça les met au chômage.

Donc il ne faut pas attende de nos bergers, dont on a l'habitude d'attendre qu'ils nous protègent, qu'ils nous libèrent.

C'est nous qui pouvons nous libérer en voulant notre émancipation. Et pour se libérer, il n'y a que l'éducation populaire, diffuser ce type d'article, ces réflexions et suggestions, entre citoyens qui ne veulent pas du pouvoir.

ON NE VEUT PLUS D'ABUS DE POUVOIR, DONC ON VEUT UN PROCESSUS CONSTITUANT DÉSINTÉRESSÉ.

* j'ai déjà proposé, pour l'Afrique, un échelon intermédiaire entre le village et l'état, c'est une assemblée locale rassemblant ces quelques dizaines de milliers de citoyens, où seraient dépêchés un porte(parle de chaque arbre à palabres.

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