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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Lettre ouverte aux militants politiques.

Publié le 27 Août 2015 par Lu Nienne Diallo

Lettre ouverte aux militants politiques.

Que devrait être le rôle des burkinabè qui s'intéressent à la vie politique (vie de la cité) du Burkina ? Un de mes jeunes amis voulait que je lui dise ce que j'attends des militants et il a oublié de venir. Je vais donc lui répondre publiquement.

Aujourd'hui, on voit (pardonnez-moi ma formule, vous me direz si j'exagère) des boys qui agitent la palme au-dessus de la tête de leur pacha.

L'image est violente, n'est-ce pas ? Elle évoque des temps que vous pensez avoir rejetés.

Et pourtant.

Vos dirigeants et vous-mêmes avez gardé de l'époque (pré) coloniale les habitudes des castes qui préexistaient à la colonisation et que les colons ont adopté avec délice : faire du vent pour le compte des chefs. Vous reconnaîtrez dans les lignes suivantes les partis adeptes de la ventilation auxquels je m'adresse.

Faire du vent. C'est l'impression qui ressort nettement de cette campagne électorale.

Faire du vent en donnant par anticipation le titre ronflant de président à celui qui ne le sera peut-être pas mais que vous y voyez déjà.

Faire du vent en répétant sans rien y comprendre des mots ronflants composés des radicaux démo, liber, socio, cratie... Des mots qui ne sont que du vent pour désigner le vide sidéral des programmes de vos candidats, téléguidés par les valets des multinationales.

Faire du vent en balayant la poussière sous les pas de vos maîtres.

Faire du vent en leur traçant la route mythique qu'ils doivent parcourir en triomphe pour s'asseoir sur le trône.

Des boys, voilà ce que je vois, qui s'invectivent d'une palme à l'autre, qui vantent leur maître, insultent celui de l'autre, le mot démocratie brodé sur la palme qui s'agite au-dessus du maître.

Est-ce cela, s'occuper de la vie de la cité ? Démocratie signifie gouvernement du peuple par le peuple, et non pas vente promotionnelle d'un futur monarque.

Avez-vous des idées à proposer à ceux que vous voulez porter à Kossyam ?

Vous permettez-vous de discuter certains choix de vos maîtres ? Leur dîtes-vous que le peuple ne veut pas des maux de l'occident? Leur dites-vous que le Burkina ne veut pas de nababs mais des gens au service du peuple ?

Le rôle de militants politiques devrait être d'infléchir les orientations des candidats, de leur présenter la réalité des vœux du peuple.

Ces vœux, vous les connaissez : les burkinabè n'en veulent pas, de vos candidats nababs sociaux-libéraux-démocrates.

Ils veulent tout d'abord qu'on cesse de leur mentir, qu'on cesse de faire passer des citrouilles pour des carrosses, des souris pour des chevaux.

Ils veulent des changements radicaux, le dites-vous, à ceux que vous portez à bout de bras ?

Leur dites-vous que vous avez compris que ce que vous vivez n'est pas démocratie mais jeu de dupes ? Leur dites-vous que le peuple le sait depuis longtemps et ne veut plus du ragoût réchauffé que vous leur proposez ?

Vous qui brandissez les étendards de vos partis respectifs, quelle autre formation avez-vous que celle que vous donnent... les maîtres que vous avez choisis ?

Vous qui reprenez les discours de professeurs d'économie qui ne savent que répéter les mêmes théories, brandissant leur réussite dans tel ou tel pays... en omettant de signaler les taux de pauvreté croissants ?

Leur dîtes-vous, à vos maîtres, que les politiques qu'ils préconisent ne fabriquent qu'une petite partie de riches toujours plus riches, et un gros contingents de pauvres de plus en plus pauvres ?

Dites, jeunesse du Burkina, c'est à vous d'infléchir la politique de votre pays... Pas à vos dinosaures.

Vous savez qu'il existe d'autres voies que les leurs. J'en ai présenté plus d'une.
Et... en privé, les plus honnêtes d'entre vous me disent que j'ai raison.

Le dites-vous à vos maîtres ? C'est là votre rôle, mes jeunes amis.

.......

Je sais que j'interpelle violemment. Mais je vis dans un monde qui a usé tous les ressorts des socialobiduleries, accroissant la précarité des classes moyennes, la pauvreté des pauvres, et la richesse des riches. Si je ne tirais pas la sonnette d'alarme, serais-je autre chose qu'un ventilateur, amusant le monde avec de jolies photos pleines de douceurs, des citations que je répéterais comme un perroquet sur mes jolies photos? Je sais écrire le monde en images, je sais écrire le monde en mots, je sais même l'écrire en vers. Je sais aussi lire le monde en-dehors des discours politiquement corrects, si je ne mets pas ces savoir-faire au service des autres, que suis-je? Je suis désolée si je suis souvent provocatrice, c'est aussi un de mes talents. Mais on n'alerte pas le monde avec des mots doucereux. On l'alerte avec des mots aussi violents que ce que ce monde-là subit. Je conçois que l'on croie sincèrement à ces doctrines économiques. Mais je suis, il ne faut pas l'oublier, une hussarde noire de la république, et ma mission a toujours été d'informer, enseigner, à ceux qui croient et ne savent pas.

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