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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

ACHILLE MBEMBE, ANALYSTE DE LA POSTCOLONISATION

Publié le 9 Octobre 2015 par Lu Nienne Diallo

ACHILLE MBEMBE, ANALYSTE DE LA POSTCOLONISATION

Théoricien de la postcolonie, Mbembe rend l'étude de celle-ci célèbre dans le monde francophone avec son ouvrage éponyme, "De la postcolonie. Essai sur l’imaginaire politique dans l’Afrique contemporaine" (2000).

** [ Achille Mbembe s'inscrit dans ce que j'ai baptisé très personnellement anticipation/évaluation]

Il critique ensuite trois genres de discours produits sur le continent:

1- l'Afro-pessimisme, accusé d'être un avatar de l’imaginaire raciste

2- l'africanisme

3- l'afro-radicalisme naîtrait selon Mbembe de la rencontre entre l’Occident et l’Afrique, vécue comme un viol, ce qui empêcherait de penser et de formuler un discours épuré de LA HAINE DE L’AUTRE, TOUJOURS PERÇU COMME COUPABLE DES MAUX DU CONTINENT.

Mbembe met ainsi en garde la jeunesse africaine qui, malgré le fait qu’elle soit née après les indépendances, continuerait à penser que bon nombre des problèmes du continent sont du fait de l’autre, du Blanc.

** [ attitude que je dénonce depuis des mois, car elle détourne la jeunesse des véritables problèmes de l'Afrique, au grand avantage des édiles indélicats]

En postcolonie la sphère économique a su mettre à nu les lacunes des États en faillite. Les inégalités criantes qui s’observent servent de justification aux rébellions et coups d’État qui, une fois au pouvoir, sont, dans bien des cas, loin d’opérer un véritable changement. L’accroissement de la productivité est exigé de cette Afrique qui doit aussi faire face à l’accroissement des inégalités.

Fervent lecteur de "Frantz Fanon", Mbembe s’inscrit dans la logique de se tenir debout par soi-même: l’Afrique ne doit rien attendre de personne.

Aucun pays au monde ne s’est développé avec l’"aide au développement", ni encore moins avec une gestion "humanitaire" d’un problème politique.

Mbembe rejette toute posture victimaire.

À ceux qui disent que l’Afrique reçoit plus qu’elle ne donne, il démontre, chiffres à l'appui, qu’en dépit du marasme ambiant sur le continent, LE "RETOUR SUR INVESTISSEMENT" DES ENTREPRENEURS OCCIDENTAUX EST PLUS QUE RENTABLE.

** [Voilà un discours que même les français devraient entendre, car ils sont imprégnés du discours victimiste de l'frique, et grands amateurs de repentance]

Mbembe désigne par le terme d'« âge du fratricide » la période succédant, en Afrique, à la fin de la guerre froide , et qui coïncide avec une multitude de conflits dits de « basse intensité ».
Il parle alors de « pulsion de mort » et de « passion de détruire », et qualifie cette période comme le moment où « la violence du frère à l’égard du frère devient la règle, autrement dit le frère et l’ennemi ne font plus qu’un ».

Pour qualifier ces combats, il parle de guerre postcoloniale, artisanale mais néanmoins extrêmement dévastatrice, à l'instar du génocide au Rwanda.

Selon Mbembe, les idéaux du panafricanisme et de solidarité n'auraient pas survécu, après le meurtre du Père colonisateur, aux ambitions de quelques responsables politiques qui ont manipulé avec agilité les questions identitaires, autour de l’autochtonie.

|négritude, etc...]

Mbembe introduit aussi la problématique de la sœur et de la mère, pour comprendre l'usage du viol en tant qu'arme de guerre.

Enfin, il appelle la période actuelle celle de la « paix armée ». À la cartographie conflictuelle des décennies 1990-2000 succède une sortie de crise faite de retour en arrière, et de crises ponctuelles mais ne semblant pas mettre en cause la dynamique global de pacification.

La problématique de la réconciliation, du retour des déplacés intérieurs, des
réfugiés, reste au cœur de toute politique de reconstruction après la guerre.

OR PEUT–ON RÉCONCILIER SANS JUSTICE ? Peut-on pacifier sans indemniser les victimes de la guerre ?

Partout sur le continent le modèle sud-africain du tribunal « Vérité et Réconciliation » semble faire école, nonobstant sa singularité, qui pose le problème de son application à d'autres pays.

Mbembe distingue trois éléments obstruant la démocratisation en Afrique.

1- D’abord la faillite de l’État et l’informalisation des économies.
2- Il ajoute le double impératif d’une ouverture politique et économique et la diffraction sociale.
3- Enfin il rappelle que l’atrophie des intellectuels africains, restés muets et sourds sur la nécessité de RÉFLÉCHIR SUR UN MODÈLE DE DÉMOCRATIE SUR LE CONTINENT peut être un facteur explicatif de la difficulté de ce régime politique à s’enraciner sur le continent.

La mission de Mbembe consiste à éclairer, à donner à comprendre et si possible à formuler des théories pouvant faciliter l’identification des facteurs de résistances et des obstacles au projet de l’indépendance : SE TENIR DEBOUT PAR SOI-MÊME EN AFRIQUE.

L’enjeu n’est pas de copier un quelconque système de gouvernement, mais plutôt de voir dans quelle mesure UNE GOUVERNANCE DÉMOCRATIQUE PEUT ADVENIR SUR LE CONTINENT, À PARTIR DE RÉALITÉ ANCRÉE LOCALEMENT ET QUI FONT SENS POUR LES COMMUNAUTÉS POLITIQUES AFRICAINES.

Selon un article de Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Achille_Mbembe

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