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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

LA PRESSE DANS LA DÉMOCRATIE

Publié le 15 Octobre 2015 par Lu Nienne Diallo

LA PRESSE DANS LA DÉMOCRATIE

La presse est l’institution non gouvernementale la plus indispensable et la plus redoutable pour la démocratie.

Indispensable, car, dans des sociétés de grande taille, elle seule peut assurer la découverte et la circulation des informations, la diffusion et la confrontation des opinions, en un mot l’institution des conditions du débat public nécessaire à la formation des volontés individuelles des citoyens.

Redoutable, car elle peut aussi, en déformant, sélectionnant ou escamotant ces informations et opinions, exercer une influence néfaste sur la formation de ces volontés.

*** LE RÔLE DÉMOCRATIQUE DE LA PRESSE

Les fondateurs des régimes parlementaires au XVIIIe siècle, comme les théoriciens des démocraties représentatives au siècle suivant, avaient une conscience aiguë de la centralité et de la dangerosité de la presse pour le régime de l’auto-gouvernement.

La démocratie suppose en effet non seulement de conférer le droit de vote aux citoyens mais également de créer le contexte politique leur permettant d’exercer, au moment du vote, leur jugement politique de manière éclairée. Lorsqu’on accorde à chacun un droit à gouverner la société, il faut bien lui reconnaître la capacité de choisir entre les différentes opinions qui agitent ses contemporains, et d’apprécier les différents faits dont la connaissance peut le guider.

Il faut aussi assurer l’existence et l’indépendance d’une institution dont la tâche première est de rendre publics pour tous faits et opinions : la presse. C’est elle dont l’œil toujours ouvert met sans cesse à nu les secrets ressorts de la politique, et force les hommes publics à venir tour à tour comparaître devant le tribunal de l’opinion. C’est elle qui rallie les intérêts autour de certaines doctrines et formule le symbole des partis. C’est par elle que ceux-ci se parlent sans se voir, s’entendent sans être mis en contact.

Ce rôle lui confère un pouvoir dont elle peut mal user ou abuser. Si chaque journaliste ou organe de presse n’exerce, individuellement, qu’une influence infime sur le discours public, leur influence combinée est considérable, dès lors qu’ils se mettent à « marcher dans la même voie ». Certes, « chaque journal a individuellement peu de pouvoir ; mais la presse périodique est encore, après le peuple, la première des puissances ».

Le rôle de la presse ne se réduit certes pas à sa fonction d’institution du débat public. Instruments commerciaux et sources de divertissement, supports publicitaires et outils de propagande, lieux de productions culturelles et points de ralliement ou de clivage identitaires, les médias de masse ne sont pas seulement, ni même d’abord des arènes de discussion politique.
La spécialisation, au sein de ces médias, d’une presse d’information, qui institue une différence nette entre faits et opinions et vise la restitution et le commentaire de l’actualité, est une invention relativement récente, datant du XIXe siècle, de même que la professionnalisation corrélative d’un corps spécifiquement dédié à l’information du public .

L’idée que la presse a notamment pour rôle d’instituer les conditions du débat public est bien une constante du discours démocratique contemporain.
C’est en tant qu’elle permet au peuple, constitué en public, d’assister au dévoilement des faits et à l’affrontement des idées, que la presse se voit chargée de se faire « chien de garde » veillant sur les intérêts du peuple, « contre-pouvoir » limitant les dérives des pouvoirs institués, organe d’investigation allant déterrer des scandales pour révéler ce qui ne devrait pas rester caché, ou orchestratrice du tribunal de l’opinion publique.

*** L'INDÉPENDANCE DE LA PRESSE

Illusoire.

La vente des journaux ne couvre pas les frais. L'encart de publicités peut à minima combler les déficits. Et là, tout commence : aucun patron de presse ne publiera quoi que ce soit qui aille contre les intérêts des annonceurs.
Il en va de même pour les médias en ligne.

Leurs ressources se révélant insuffisantes pour la survie des médias, les patrons de multinationales les rachètent.

Quelques médias indépendants :

- ACTU ENVIRONNEMENT,

Arrêt Sur Images, en grande partie payant
Basta!, l’un des tout meilleurs en matière de traitement de l’information liée à l’environnement,
Euractiv France, centré sur les questions européennes,
Mediapart, dont le contenu est payant,
Terra Eco, sur des pratiques quotidiennes plus “écologiques”,
Youphil, qui traite des solidarités.
Le Monde Diplomatique
Acrimed (Action critique médias)
Le Plan B
Indymédia : réseau internet d'information libre.
RISAL : Réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine.
Rezo.net
AlterNet
The Alternative Press Center (APC)
L’APC publie depuis plus de trente ans un guide de la presse alternative, accessible en ligne.
CounterPunch
TomDispatch
Ce blog d’analyse géopolitique offre un décryptage de la politique internationale, à contre-courant du discours des médias dominants.
Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO)
Cet organisme indépendant cherche à promouvoir le pluralisme médiatique dans les pays africains.
Libération Afrique
Un site consacré aux mouvements sociaux en Afrique.
Billets d'Afrique, est un bulletin mensuel d'information alternative, qui traite essentiellement des problèmes de l'Afrique. L'association survie en est à l'orgine.
The Media Channel
Ce site d’analyse et de critique des médias s’intéresse en particulier aux conglomérats transnationaux qui dominent notre « info-culture ».

- ALTERNATIVES

Actualutte, Lancé le 3 mai 2011, Actualutte est un journal bimensuel international indépendant qui traite des alternatives au système néolibéral et qui médiatise les Résistances
Alternative libertaire : mensuel autogéré, altermondialiste et libertaire de l'organisation du même nom.
Alternatives économiques, magazine mensuel d'économie2
CQFD (journal), mensuel de critique et d'expérimentation sociales depuis 2003.
Imagine demain le monde bimestriel belge sur l'international, transversal et écologiste.
L'âge de faire est un journal papier national et mensuel, indépendant, ciblé tous publics, pour mettre à la disposition du plus grand nombre, les ressources que sont l’écologie, la citoyenneté et la solidarité.
La Décroissance, sous-titré le journal de la joie de vivre, journal des Casseurs de pub.
Le Gri-Gri International, journal satirique panafricain.
Les renseignements généreux, collectifs qui a édité un grand nombre de brochures thématiques, librement téléchargeables sur le web.
S!lence, une revue écologiste, altermondialiste et non violente.
Sortir du nucléaire, journal trimestriel axé sur les alternatives à l'utilisation de l'énergie nucléaire

- IDÉES

La Revue internationale des livres et des idées
Le site de la revue bimestrielle du même nom, consacrée à l’actualité du livre, de la pensée et de la recherche.
Mouvements
Version en ligne de cette revue trimestrielle éditée par des chercheurs, des journalistes et des militants.
Culture et politique arabes
Chaque lundi, « un peu de la culture arabe actuelle pour comprendre ce qu’elle nous dit sur l’actualité politique arabe »,
Vacarme
Les archives intégrales de cette revue trimestrielle, qui mène depuis 1997 une réflexion « à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique ».
Le Tigre
Un « curieux magazine curieux », en kiosques et en ligne, qui séduit par ses angles inattendus et l’élégance de son pelage.

- RADIO :

Là-bas si j'y suis, émission sur France Inter animée par Daniel Mermet.
Democracy Now! (États-Unis)

*** DÉSINFORMATION

Quelques exemples :
Propagande
Les « faux »
Les canulars informatiques
Les rumeurs

*** FORMATION DES JOURNALISTES ET ÉMOLUEMENTS

- UNE FORMATION RECONNUE EST-ELLE OBLIGATOIRE ?

Non, car aujourd’hui seuls 16% des titulaires de la fameuse carte de presse sont passés par l’une des 14 écoles reconnues. Mais ce pourcentage a tendance à augmenter : ils n’étaient que 12% en 2000. S’il y a encore quelques années, l’entrée dans la profession était relativement facile, la crise économique, la chute des recettes de la manne publicitaire et l’arrivée d’internet ont provoqué des changements radicaux dans la presse. Les places se font maintenant chères pour les jeunes journalistes et passer par une école devient un précieux sésame.

Car les moins de 26 ans peinent à obtenir une situation stable. Selon l’Observatoire des métiers de la presse, ils sont dans une situation plus précaire que leurs aînés : 35,4% sont payés à la pige, 27,8% sont en CDD et 36% en CDI. Alors que pour l’ensemble des journalistes titulaires de la carte de presse, on compte 16,5% de pigistes, 4% de CDD et 74,2% de CDI.

« La moyenne d’âge des journalistes encartés pour la première fois et issus d’un cursus reconnu est de 25,8 ans. Elle est de 31 ans pour ceux issus d’un autre cursus », détaille le même rapport. La détention d’un diplôme reconnu permettrait donc de travailler plus rapidement, de mieux gagner sa vie aussi : les titulaires en CDI diplômés d’une filière reconnue gagnent en moyenne 12% de plus que leurs confrères issus d’autres parcours.

- LES GRANDES ÉCOLES CLASSIQUES, LE RISQUE DU FORMATAGE ?

L’une des principales critiques de l’homogénéité de la presse tient au travail même des journalistes. Car par manque de temps ou d’envie, leur principale source d’informations est constituée par les dépêches d’agence de presse, les rédacteurs se contentant de les réécrire, ce que l’on appelle le « bâtonnage ».
Or dans les écoles de journalisme, on apprend à travailler avec ces sources, sans penser à les diversifier et encore moins à les remettre en question. « On nous demandait régulièrement de travailler très vite, à partir de dépêches AFP et si nous ne connaissions pas le sujet, on ne nous encourageait pas à combler ces lacunes, mais on nous répondait : « dans ta future rédaction, tu n’auras pas le temps ! » déclare Alexis, un journaliste passé par le CFJ. En mai 2013, l’AFP annonçait d’ailleurs mettre en place un fil spécifique aux écoles de journalisme afin de renforcer « ses relations avec le secteur de l’enseignement ». L’agence travaille notamment avec l’IPJ, le CFJ, Science-Po et le CELSA.
Le résultat serait selon François Ruffin une formation « insipide, aéfepéisé, routinisé, markétisé, sans risques et sans révolte, dépourvu de toute espérance ». Une critique virulente qu’ont nuancé les étudiants du CFJ, affirmant que l’auteur des Petits Soldats du Journalisme n’a choisi que les éléments qui l’arrangeaient afin « d’étayer sa thèse obsédante ».

- ESPRIT CRITIQUE

« Les journalistes ont une très haute estime d’eux même et de leur travail. Ils considèrent qu’ils ont une responsabilité, qu’ils sont garants des valeurs d’un système qu’ils ne contestent jamais […] les professeurs partagent cette vision du monde et ne font donc pas venir d’intervenants avec qui ils ne seraient pas d’accord idéologiquement. Les jeunes journalistes ne sont pas entraînés à ce qu’on leur expose un point de vue différent, encore moins à le prendre en compte dans leur compréhension du monde.»
Un malaise que ressentent même les acteurs majeurs des écoles de journalisme puisque Christophe Deloire, ancien directeur du CFJ, déclarait sur StreetPress « Il y a une forme d’enfermement des journalistes : leurs traditions, leur champ social, leurs schémas, voire leur idéologie.»

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