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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

LA SOCIAL-DÉMOCRATIE, NOTES SUR UNE HISTOIRE PEU GLORIEUSE

Publié le 21 Octobre 2015 par Lu Nienne Diallo

LA SOCIAL-DÉMOCRATIE, NOTES SUR UNE HISTOIRE PEU GLORIEUSE

- La question de la « social-démocratie » est une question actuelle et, dans un certain sens, cruciale. Les partis socialistes – social-démocrates – travaillistes, en dépit de leur évolution droitière que nous connaissons, continuent à se réclamer de « gauche » et à disposer d’un soutien électoral appréciable et d’une réelle influence dans des secteurs importants de la classe ouvrière et des couches populaires.

Le combat contre l’idéologie de la collaboration de classes, l’esprit de division et l’anti-communisme, continuent d’être une nécessité centrale de notre temps.

- D’autre part, la social-démocrate, qui a émergé comme un courant réformiste et révisionniste au sein du mouvement ouvrier et s’est développé comme force anti-révolutionnaire, hostile aux pays socialistes, s’est transformée en force ouvertement contre-révolutionnaire, en élément fondamental du système d’exploitation capitaliste et pilier de l’impérialisme. Le « bloc central » (« centre-droit » et « centre-gauche »), la « bipolarisation », l’ « alternance » (du « maintenant je gouverne, tu gouvernes, nous gouvernons toi et moi »), reflètent bien cette réalité. La course de la social-démocratie vers la droite néo-libérale (qui plus qu’une « reddition », fut un choix conscient et délibéré) l’a rapprochée, l’a confondue dans certains cas l’a fondue dans la droite bourgeoise même, dont elle est devenue une simple variante.

- Le cas peut-être le plus évident de « parti unique » bicéphale est celui nord-américain avec le couple Parti républicain/Parti démocrate, ce dernier érigé, sous Clinton, en exemple de la famille social-démocrate.

- Mais la tendance est générale comme, notamment, cela se passe en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne, en Grèce ou au Portugal et on cherche à l’imposer et à l’institutionnaliser avec des lois qui marginalisent les « petits partis » et facilitent la bi-polarisation, dans un jeu pervers qui vise à semer la confusion entre « alternance » au gouvernement et « alternative » politique, et ainsi fermer la porte à de véritables alternatives.

- La vérité c’est que, au gouvernement ou dans l’ « opposition », la social-démocrate est devenue partie intégrante du système de pouvoir capitaliste, une force qui est aujourd’hui « structurellement compromise » avec les intérêts du grand capital.

- Un des « secrets » de la social-démocratie réside dans ses caractéristiques caméléonesques, dans son éclectisme, sa composition inter-classiste, dans son hétérogénéité, dans l’existence en son sein de différentes ailes et différents courants, dans sa capacité à, selon les circonstances et les nécessités, être un peu tout et son contraire.
C'est pour la social-démocratie est une façon d’être naturelle, indispensable pour alimenter l’idée que l’alternative aux politiques de droite se trouve au sein des partis socialistes – social-démocrates – travaillistes, même quand ils pratiquent une politique clairement de droite et que leur programme est ouvertement capitaliste.

- Pour concrétiser l’unité que la situation rend nécessaire, il ne suffit pas d’un « virage à gauche » dans un corps pourri par l’opportunisme et par la collaboration avec le pouvoir économique. Ni, comme le prétendent le Bloc de gauche au Portugal ou le « Parti de la gauche européenne » (PGE) en Europe, une simple appropriation de l’espace politique laissé libre par la course vers la droite des cercles dirigeants social-démocrates.

- Dans la pratique, cela ne représenterait fondamentalement que le renforcement d’une « aile-gauche » de la social-démocratie (ce que Syriza est en Grèce), sans essayer de faire émerger des forces réellement engagées dans la rupture avec le système, bien qu’influencées plus ou moins par des illusions réformistes.

Il faut voir, par ailleurs, comment dans cette Europe les partis socialistes – social-démocrates – travaillistes, sans exception, sont tous engagés jusqu’au cou dans l’offensive du capital visant à remettre en cause les droits et acquis des travailleurs conquis par des décennies de dures luttes et au prix de lourds sacrifices. Et comme ils développent une coopération structurée et officielle avec les partis de droite – voir le binôme Parti socialiste européen/Parti populaire européen – pour élaborer des stratégies communes et se partager le gâteau et les places dans les structures de l’UE. Et en bas, au niveau des différents pays, c’est aussi ce que l’on observe.

- La dérive droitière de la social-démocratie internationale n’est pas un processus linéaire. La contradiction entre social-démocrates et communistes a fini par conduire la social-démocratie à prendre ouvertement parti pour le capital en général et pour le grand capital monopoliste en particulier. Et il n’est même plus aisé de distinguer dans les différentes formes de gestion du capitalisme – comme cela se produit avec celle « libérale » ou « keynésienne » - la social-démocratie de la droite proprement dite.

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