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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

LE RÔLE DES STÉRÉOTYPES NATIONAUX DANS LES INTERACTIONS INTERPERSONNELLES ET INTERGROUPALES

Publié le 29 Octobre 2015 par Lu Nienne Diallo

LE RÔLE DES STÉRÉOTYPES NATIONAUX DANS LES INTERACTIONS INTERPERSONNELLES ET INTERGROUPALES

**** Quelques définitions

*Stéréotype = 1-Expression ou opinion toute faite, sans aucune originalité, cliché.
2- Caractérisation symbolique et schématique d'un groupe qui s'appuie sur des attentes et des jugements de routine.
*Interactions =Action réciproque qu'exercent l'une sur l'autre deux ou plusieurs personnes
*Interpersonnelles = entre deux personnes
*Intergroupales = entre deux groupes
*Endogroupe = groupe auquel appartient l'individu ou les individus dont on parle.
*Exogroupe = l'ensemble des individus n'appartenant pas au groupe d'individus dont on parle

**** En se basant sur la conception que les sujets dans les interactions interpersonnelles utilisent souvent les stéréotypes pour provoquer la méfiance et l'hostilité comme une stratégie de communication, nous estimons également que les stéréotypes nationaux ne sont toujours pas négatifs à l'égard de l'exogroupe. Dans les interactions interpersonnels et intergroupales la présence des stéréotypes positifs s’exprime souvent comme une sympathie et une confiance à l’égard des autres et une possibilité de les juger plus positivement. Ces stéréotypes positifs peuvent aussi faciliter une orientation coopérative dans la négociation internationale, c’est à dire la recherche en commun d’une solution mutuellement satisfaisante et mettre un accent sur les intérêts communs dans les interactions intergroupales. Ils accompagnent également le processus intégratif de communication avec les sentiments d’amitié, d’estime et d’empathie qui s’établissent entre sujets.
Pour mieux connaître les attentes, les attitudes et les valeurs des adversaires avant la négociation internationale il fallait étudier les stéréotypes nationaux de chaque groupe des sujets.
Par exemple, un stéréotype africain positif pourra être l'hospitalité. En négatif, le sentiment d'être toujours victime.
Un stéréotype français positif pourra être l'envie de découvrir. En négatif, un sentiment de supériorité.
En réunissant pour atteindre leurs buts et trouver une solution acceptable les sujets de deux nationalités mettent en avant leur identité sociale comme moyen mental dont on dispose pour repérer l'identique et le différent dans la diversité de leurs engagements, qui sont profondément liés au type de leur culture et au contenu des stéréotypes nationaux.

**** Analyse théorique des stéréotypes nationaux dans les interactions interpersonnelles

Les aspects culturels jouent un rôle majeur dans l’établissement graduel d’une relation entre les sujets et les groupes qui ira de la méfiance, d’hostilité ou d’indifférences initiales, soit à un renforcement de cette attitude initiale, soit à l’établissement d’un rapport confiant et ouvert.
On sait que les stéréotypes présentent un ensemble de croyances partagées ou répandues dans une communauté ou dans un groupe ethnique.
Au début les stéréotypes étaient considérés dans la psychologie sociale comme des erreurs, des généralisations primitives et sur-simplifiées d’un groupe à l’égard d’un autre
Les groupes indépendants mis en interaction de compétition élaborent des stéréotypes négatifs l’un à l’égard de l’autre, alors qu’ils élaborent des stéréotypes très positives à l’égard de leur groupe d’appartenance.
Dans des situations où un ennemi commun surgit de l’extérieur ou lorsqu’un problème crucial survient de l’intérieur, il se rétablit une harmonie entre groupes, une interdépendance entre les sujets qui, précédemment membres de deux groupes opposés, sont forcés de se fondre en une seule unité et renforcer leurs stéréotypes positifs à l‘égard de l‘exogroupe.

**** L’approche socioculturelle des stéréotypes dans les interactions sociales

Elle s’attaque directement au problème de l’acquisition et la transmission des stéréotypes. Un grand nombre de recherches ont été consacrées aux modes d’apprentissage des stéréotypes et à leurs modes de transmission.
Par exemple, les croyances concernant les différences raciales dans un pays découlent, du moins en partie, de l’observation du fait que les groupes raciaux sont inégalement répartis à travers les classes sociales dans une société donnée.

Les groupes à statut supérieur tendent davantage à marquer leurs distances à l’égard d’un groupe à statut inférieur qu’inversement
On constate également que les groupes à statut moins élevé ou moins assuré se comportent d’une manière plus discriminatoire à l’égard d’un autre groupe et expriment assez fort le favoritisme de l’endogroupe.

Le degré d’exactitude des perceptions d’autres nations est lié à la proximité géographique, à la fréquence des relations et que les représentations sont d’autant plus stéréotypées que les nations sont différentes les unes des autres

Les niveaux d’instruction et des catégories jouent aussi un rôle important dans la formation des stéréotypes ; les sujets qui ont les niveaux bas scolaires se rapportent moins favorables à autrui que ne le font les niveaux supérieurs. Cette dernière orientation est partagée par les professions libérales et cadres supérieurs, étant plutôt indépendants. Les personnes indépendantes dont l’image ne repose ni sur la comparaison, ni sur l’opinion des autres, n’attachent d’importance pour forger leur première impression que sur les caractéristiques non physiques (psychologiques, mentales et morales). De plus, les jeunes sont guidés par la recherche d’une société de pairs, mettent l’accent sur l’échange et la découverte des qualités psychologiques et de la manière de voir ; les personnes d’âge moyen sont plus sensibles à la présentation sociale, aux deux niveaux d’appréhension d’autrui, confirmant la prégnance de l’insertion sociale dans l’attitude mentale de l’âge mûr .

Le rôle de sexe associés aux rôles d’âge sont présentés comme déterminant des faisceaux de rôles tenus pas l’individu dans la plupart des systèmes sociaux.
la différenciation de sexe est bien présentée dans la détermination des voies d’accès au statut supérieur : les femmes, comme dans toute situation de travail, doivent montrer une compétence plus forte pour y parvenir. L’application des stéréotypes de sexe dans la perception des autres est en étroite relation avec leur position dans des hiérarchies sociales.
Les stéréotypes représentant la femme comme un être préoccupé par le bien-être des autres sont un aspect de la dimension communautaire que Bakan décrit en termes d’altruisme, de souci pour les autres et de désir de se sentir à l’unisson avec les autres. L’idée convenue selon laquelle les hommes sont affirmés et détiennent le pouvoir s’accorde parfaitement avec la dimension agentive avancée par Bakan, qui se caractérise par l’affirmation de soi, le besoin de s’exprimer et la volonté de maîtriser. Les attributs communautaires sont liés à la vie domestique tout comme les traits agentifs sont liés à la sphère publique.

**** Quelques situations :

1) le favoritisme de l’exogroupe et l’endogroupe(principe : « Ils sont bons et Nous sommes bons aussi »)- présente une bonne image de l'exogroupe et de l'endogroupe, des stéréotypes majoritairement positifs à l'égard d'autrui et de nous-mêmes, une préférence pour le respect et les relations amicales, personnelles et professionnelles avec les membres de l'exogroupe et de l'endogroupe, une priorité des valeurs, liées avec la cohésion sociale, la carrière professionnelle, les connaissances approfondies et un épanouissement personnel, ainsi qu'une confiance au sein de l’endogroupe et entre les groupes ;

2) le défavoritisme (ou la discrimination) de l'exogroupe et le favoritisme de l’endogroupe(principe : « Ils sont mauvais mais Nous sommes bons »)- présente une mauvaise image de l'exogroupe et une bonne image de l'endogroupe, des stéréotypes majoritairement négatifs à l'égard de l'exogroupe et des stéréotypes majoritairement positifs à l'égard de l'endogroupe, une préférence pour les relations strictement formelles avec l'exogroupe et une préférence pour les relations personnelles, amicales et professionnelles au sein de l’engroupe ; une priorité des valeurs, liées à la défense de ses actions de ses émotions pour l'exogroupe et une priorité des valeurs, liées à l'identité sociale, sa protection et sa normalisation au sein de l’endogroupe ;

3) le favoritisme de l’exogroupeet le défavoritisme(ou la discrimination) de l'endogroupe(principe : « Ils sont bons mais Nous sommes mauvais »)- présente une bonne image de l'exogroupe et une mauvaise image de l'endogroupe, les stéréotypes majoritairement positifs à l'égard de l'exogroupe et des stéréotypes majoritairement négatifs à l'égard de l'endogroupe, une préférence pour les relations personnelles, amicales et professionnelles avec l’exogroupe et une préférence pour les relations professionnelles et formelles avec l’endogroupe ; une priorité des valeurs, liées à l'idéologie, à la moralité ou à l'unité des normes pour l'exogroupe et une priorité des valeurs, liées à l'adhésion, la compréhension au sein de l’endogroupe ;

4) le défavoritisme (ou la discrimination) de l’endogroupe et l’exogroupe (principe : » Nous sommes mauvais et Ils sont mauvais, aussi »)-présente une mauvaise image de l'endogroupe et de l'exogroupe, des stéréotypes majoritairement négatifs à l'égard de l'exogroupe et de l'endogroupe, une préférence pour les relations formelles et professionnelles avec l’exogroupe et l’endogroupe avec l’accent sur les intérêts personnels ; une priorité des valeurs, liées à l'épanouissement personnel, l’autosatisfaction, aux connaissances et aux compétences professionnelles.

Résumé de l'article du même nom dans les cahiers de psychologie poltique.
On peut voir que l'ouverture d'esprit envers les caractéristiques des personnes d'un autre grouppe favorisent mieux les relations, personnelles ou politiques, que la certitude de chacun que son préjugé est meilleur que celui de l'autre.

Intéressant, non ? Alors, si on essayait de voir l'autre plus favorablement?

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