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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Les antiesclavagistes français (1)

Publié le 29 Octobre 2015 par Lu Nienne Diallo

Les antiesclavagistes français (1)

Ma jeune amie Franco-Burkinabè m'appelle ce midi pour me remonter le moral.
Nous discutons, comme toujours, je lui explique des fais historiques. Mais, elle a cette idée que la France devrait absolument demander pardon à l'Afrique.

Ma foi pourquoi pas, moi, pour apaiser des gens qui souffrent, je suis prête à demander pardon pour ce que je n'ai pas fait.

Mais quand même, toujours pour la vérité historique, je lui demande quelle France doit demander pardon : celle qui esclavagisait, ou celle qui s'est battue contre l'esclavage.

Pardon?

"Nous, on nous a toujours dit que les blancs, même les plus ignares (uniquement ceux-là, lui précisai-je) sont convaincus d'être supérieurs au noir le plus cultivé. "

Tiens donc.
Mais oui, Des français se sont battus contre l'esclavage et ont lutté pour que soient reconnus les noirs comme des égaux.

Des noms, me demande-t-elle, je ris, je n'ai pas une mémoire encyclopédique contrairement à ce que certains croient, et je lui promets de faire un article sur les antiesclavagistes français.

Voici donc une liste de ces personnes:

- Jean Bodin (1529-1596)
- Étienne de La Boétie (1530-1563)
- Michel de Montaigne (1533-1592)
- Épiphane Dunod dit Épiphane de Moirans (1644-1689),

religieux capucin qui milita contre la traite des noirs et auteur de « La liberté des esclaves ou défense juridique de la liberté naturelle des esclaves ». Il fut plusieurs fois emprisonné pour avoir défendu cette cause.

- Montesquieu (1689- 1755)
- Voltaire (1694-1778)
- Étienne Clavière (1735-1793)
- Nicolas de Condorcet (1743-1794)
- Toussaint Louverture (1743-1803)
- Julien Raimond (1744-1801)
- André-Daniel Laffon de Ladebat (1746-1829)

Homme politique, député à l'Assemblée législative et au Conseil des Cinq-cents, est l'auteur du célèbre discours sur « La nécessité et les moyens de détruire l'esclavage dans les colonies » . Classique de la cause abolitionniste, ce discours lu en séance publique de l'Académie de Bordeaux le 26 août 1788 a été présenté et débattu à l'assemblée générale

de la Société des Amis des Noirs

de la même année. En 1821 on le retrouve au nombre des fondateurs, avec Auguste de Staël et Charles de Remusat du

« Comité pour l'abolition de la traite des Noirs et de l'esclavage ».

- Olympe de Gouges (1748-1793)
- Henri Grégoire dit l'Abbé Grégoire (1750-1831)

Ecclésiastique et homme politique, il se rallie aux Tiers état et est l'un des représentants de l'extrême gauche, à l'Assemblée Constituante où il réclame non seulement l'abolition des privilèges et de l'esclavage mais il prône aussi le suffrage universel.

-Jacques Pierre Brissot (1754-1793)

- Marquis de La Fayette (1757-1834)

- Maximilien de Robespierre (1758-1794)

- Léger-Félicité Sonthonax (1763-1813)

Il fut le premier abolitionniste français de l'histoire en décrétant l’abolition générale aux esclaves de la province du Nord de Saint-Domingue, avant même que la Convention ne décide à Paris l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies le 4 février 1794.

- Louis Delgrès (1766-1802)
- Joseph Ignace (1769-1802)
- La Mulâtresse Solitude (vers 1772-1802)
- Joseph Elzéar Morénas (1776-1830)
- Anne-Marie Javouhey (1779-1851)
- Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Poète, romancier, politicien révolutionnaire de 1848, député, sénateur. Il s'engage dans le combat pour l'abolition de la peine de mortou dans des projets relatifs à l'assistance. Il fut aussi un des protagoniste de l'abolition de l'esclavage.

- Cyrille Bissette (1795-1858)

Homme politique martiniquais, il est le plus grand artisan de la seconde abolition de l'esclavage française et la dénonça dès 1823 enMartinique.

- Victor Schœlcher (1804-1893)

Cet homme a consacré sa vie à la défense de la liberté des noirs et à l'égalité entre tous les citoyens.

- Alexandre Gatine (1805-1864)

Avocat parisien, Alexandre Gatine se consacre, dès 1831, aux causes coloniales. Il publie alors une brochure :

« Pétition à la chambre des députés relative au droit dénié aux esclaves de se pourvoir en cassation ».

En 1844, il s'illustre dans l'affaire Virginie où il défend une affranchie guadeloupéenne réclamant la liberté de ses enfants selon l'article 47 du Code Noir. En 1848, Schœlcher le charge de préparer les projets des décrets relatifs à l'abolition de l'esclavage. Le gouvernement provisoire adopte ses décrets le 27 avril et le désigne comme commissaire général de la Guadeloupe, chargé d'appliquer, sur le terrain, la politique abolitionniste. Il lui faut cinq mois pour mettre en place les structures de l'émancipation ; de retour à Paris, il édite une brochure sur la Guadeloupe. En 1864, quelques mois avant sa mort, Gatine évoque dans un poème intitulé « souvenirs d'un abolitionniste » la révolution de 1848, l'abolition de l'esclavage et son arrivée en Guadeloupe.

-Th éodore Antoine Champy (?-1890)

Avocat, maire de Pointe-à-Pitre de 1841 à 1851, Théodore Champy proclame le 28 mai 1848, l'abolition de l'esclavage dans sa ville. Dans un vibrant discours, il annonce : « Tous les citoyens sont égaux, ils ne se distinguent plus désormais que par leurs vertus, leur amour de l'ordre et de la tranquillité. Et vous, mes nouveaux concitoyens, qui venez de recevoir le baptême de la liberté et de la civilisation, j'en appelle à vous. Montrez-vous dignes d'un si grand bienfait, Vive la République ! ». Homme dynamique et généreux, il s'était manifesté par son dévouement lors du tremblement de terre qui détruit Pointe-à-Pitre le 8 février 1843. En 1850, au côté deSchœlcher, il prend la défense des accusés de la Gabarre qui avaient été traduits devant les tribunaux par des conservateurs inquiets. Le poste de conseiller général dans le canton de Pointe-à-Pitre, en 1871 sera son dernier mandat politique.

- Auguste-François Perrinon (1812-1861)

Auguste-François Perrinon, né à Saint-Pierre (Martinique) d'une famille de libres de couleur. Envoyé en France, il devient élève de l'École polytechnique et se spécialise dans l'artillerie de Marine. En 1842, il fait partie de la garnison de la Guadeloupe. Il est anti-esclavagiste et en 1847, dans une brochure « Résultats d'expérience sur le travail des esclaves » (île Saint-Martin Antilles), il s'emploie à démontrer que le travail libre est possible. Un an plus tard, il fait partie de la Commission d'abolition d'esclavage puis est envoyé comme commissaire d'abolition, puis commissaire général à la Martinique (juin-novembre 1848). Avec Schœlcher, dont il est proche, il est député à l'Assemblée nationale législative (1849-1850). Après le Coup d'État du 2 décembre 1851, il regagne les Antilles et va vivre sur la sus-dite île Saint-Martin où il exploite des marais salants. Il refuse de prêter serment à Napoléon III (lettre du 18 avril 1853) ce qui lui vaut d'être rayé des cadres de l'armée. Il meurt à Saint-Martin, le 2 janvier 1861.

- Auguste Lacaussade, (8 février 1815 {Saint-Denis, île Bourbon} - 31 juillet 1897 {Paris})

Poète français, secrétaire de l'écrivain Sainte-Beuve. En 1848, il rejoint le camp des abolitionnistes groupé autour de Schœlcher. Il est inhumé le 2 août 1897 au cimetière du Montparnasse (Paris).

- Louisy Mathieu (1817-1874)

Louisy Mathieu est le premier esclave libéré à avoir siégé à l'Assemblée nationale constituante. En effet, né à Basse-Terre, le 2 février 1817, ce tonnelier avait appris à lire par le biais d'une éducation religieuse malgré l'interdiction de ses maîtres. Le gouvernement provisoire de 1848 vote les lois abolitionnistes. La Guadeloupe peut élire au suffrage universel ses représentants à l'Assemblée Constituante. Les progressistes guadeloupéens, conscients de la popularité de Louisy Mathieu, à Pointe-à-Pitre, le proposent comme candidat. Il est présent sur la liste électorale conduite par Perrinon et Schœlcher. À l'issue des votes, Schœlcher, également élu en Martinique, laisse son siège à Louisy, poste qu'il occupera jusqu'au 26 mai 1849. Après le coup d'État de Louis Bonaparte (1851), il abandonne la vie politique, installé au lieu-dit Bas de la Source, il y vécut misérablement.
Charles de Foucauld, (15 septembre 1858 - 1er décembre 1916), ancien militaire, géographe et religieux français, il s'opposa à la poursuite de l'esclavage dans l'Algérie française.

Je continuerai avec les institutions qui ont lutté pour l'égalité des noirs.

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