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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

PASSER DE LA CULTURE DU SACRIFICE À LA CULTURE DE L'ANTICIPATION/ÉVALUATION.

Publié le 9 Octobre 2015 par Lu Nienne Diallo

PASSER DE LA CULTURE DU SACRIFICE À LA CULTURE DE L'ANTICIPATION/ÉVALUATION.

J'ai publié, sous le titre « Les dignitaires du pouvoir de Blaise Compaoré doivent 15 milliards à la SONABEL » une évaluation de certains choix budgétaires démagogiques du régime Compaoré.

Pour se donner une image de bonne gouvernance , « sociale », l'état a accepté des baisses du prix de l'essence de 25 Francs CFA, ce qui lui a coûté 15 Milliards de Francs CFA, qui ont soulagé la bourse des plus nantis (possesseurs de voitures) alors qu'ils auraient pu améliorer la vie des plus pauvres.

Le Dr Ra-Sablga Ouédraogo,coordonnateur de l'Institut Free-Afrik, se livre à ces évaluations qui permettent de se rendre compte de l'utilité ou pas des mesures prises par l'état.

On observe par la même occasion à quel point la notion de "social-démocratie" n'a de social et de démocrate que le nom, puisque les mesures ici analysées ont favorisé les plus riches et non la majorité pauvre de la population.

Cette culture de l'évaluation n'est guère ancrée dans la culture Burkinabè, mais nous voyons à travers les exemples qu'il donne, à quel point il serait intéressant de se livrer ainsi avant tout choix étatique à une prospection qui pourrait orienter ce choix vers une destination plus rentable pour le peuple, donc de passer à une culture de l'anticipation/évaluation.

De la même manière, sans vouloir couper la joie et la fierté justifiées du peuple burkinabè d'avoir pu faire échec à un coup d'état du redoutable RSP, il serait bon d'entamer une évaluation, sans esprit de critique, de jugement ou d'accusation, des stratégies mises en place en Octobre 2014 et Septembre 2015 sur des bases semblables à celles de ce brillant jeune chercheur.

Il va sans dire qu'il était indispensable d'empêcher ce coup d'état de s'installer comme il le souhaitait.

Cependant, et pour développer cette culture de l'anticipation/évaluation, on pourrait se poser les questions suivantes :

- pouvait-on éviter ces morts et blessés?

- ne pouvait-on pas s'attendre à ce que Diendéré, qui n'est pas Blaise et qui est réputé sans pitié, ne tire sur les manifestants à balles réelles?

Ce, pour un retour sur des anticipations qui n'ont peut-être pas été faites. Puis....

- qu'avons-nous gagné, qu'avons nous perdu, à cette action absolument nécessaire?

- comment allons-nous gérer les suites de cet échec au coup d'état?

- qu'attendons-nous de cette transition restaurée que nous critiquions tant il y a une semaine?

- Comment agirons-nous si ses choix ne nous conviennent pas

-etc...

Ces idées uniquement pour pousser à cette culture de l'anticipation/évaluation que de jeunes chercheurs commencent brillamment à mettre en place, et qui pourrait grandement améliorer les conditions de vie du peuple Burkinabè

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