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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

POUR UNE REHABILITATION D'URGENCE DE L'ENGAGEMENT POLITIQUE

Publié le 13 Octobre 2015 par Lu Nienne Diallo

POUR UNE REHABILITATION D'URGENCE DE L'ENGAGEMENT POLITIQUE

S'il est un passif de l'ancien régime que le Burkina Faso aura certainement du malà éponger, c'est le clientélisme politique. Que l'on ne s'y trompe pas, l'ancien président n'a pas entrainé dans sa chute le système qu'il avait soigneusement mis en place et qui lui avait permis de se maintenir au pouvoir pendant 27 longues années. Le clientélisme sous Blaise Compaoré a eu pour effet de multiplier de façon injustifiée le nombre de partis politiques dévoyant par la même occasion l'engagement politique. Les années passant, tout le corps social a fini par en être contaminé. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le nombre incalculable d'organisations de la société civile, toutes plus inutiles les unes que les autres.
A force, l'engagement politique est devenu dans notre pays le fait de deux espèces d'individus qui ont pour trait commun le mépris de l'intérêt général.

1. C'est d'abord le fait des oisifs ou pour faire simple des gens qui n'ont rien à faire de leur vie parce que n'ayant aucune compétence professionnelle. Ces personnes voient en l'engagement politique une manière comme une autre de chercher à "manger". Elles se caractérisent donc par une absence totale de conviction politique et vont de parti en parti toujours en quête de leur bouffe. Que l'on songe pour s'en convaincre à tous ces gens qui par pure opportunisme ont quitté du jour au lendemain le CDP exsangue soit pour créer un nouveau parti soit pour rejoindre un autre déjà existant. La plupart des militants du MPP s'y reconnaitront. Je n'ai aucune espèce de sympathie pour le CDP, je constate simplement les faits.

2. L'engagement politique est ensuite et surtout le fait d'intellectuels, de gros diplômés pourris pour être exact qui n'ont d'intellectuels que le titre. Ils sont nombreux ces politiciens qui plombent notre pays depuis de bien nombreuses années, empêchent la classe politique de se renouveler et profitent tels des escrocs de la faiblesse intellectuelle des populations. Conséquence, le débat politique au Burkina est sclérosé; il est tout sauf stimulant, tout sauf porteur d'un espoir de changement. La preuve, à quelque semaines me semble t-il des élections, au lieu de nous dire comment ils entendent developper l'économie, valoriser la force de travail de la jeunesse, investir massivement dans les secteurs productifs, moderniser l'agriculture et l'élevage, améliorer la santé et faciliter l'accès aux soins, révolutionner l'éducation, lutter vigoureusement contre la corruption et redonner confiance en la justice et en l'Etat, nos responsables politiques, beaucoup dans la vie politique depuis belle lurette mais tous présentés comme des intellectuels se vautrent dans la médiocrité avec des querelles de personnes et des promesses démagogiques qui, non seulement avilissent l'engagement politique mais aussi compromet le développement du pays.

On dit souvent que les peuples ont les hommes politiques qu'ils méritent. C'est la raison pour laquelle le peuple burkinabè doit s'atteler rapidement à réhabiliter l'engagement politique; assainir au plus vite le personnel politique afin que celui ci soit en phase avec ses aspirations et surtout en mesure d'incarner au mieux le changement pour lequel tant de vies ont été sacrifiées. Cette opération de salubrité ne sera que la suite logique de l'insurrection populaire de 2014 contre la révision de l'article 37 et de la résistance citoyenne à la tentative de putsch de 2015.

Ouedraogo Daouda

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