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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

LA REPENTANCE N’A STRICTEMENT RIEN À FAIRE EN POLITIQUE

Publié le 20 Novembre 2015 par Lu Nienne Diallo

Il m'a été dit un jour que la France devrait s'excuser pour l'esclavage et la colonisation. Bien. Mais quelle France ? Celle des riches armateurs de Bordeaux (ou leurs héritiers?) Celle des français qui ont lutté pour la décolonisation et l'abolition de l'esclavage ?
C'est toujours facile de considérer la France comme une entité coupable de tout.
Mais à quoi servent les repentances ? Un entretien avec Alain de Benoist

Peu de temps avant son décès, François Mitterrand avait eu ces mots définitifs vis-à-vis d’un Jean-Pierre Elkabbach éberlué : « La France n’a pas à s’excuser. »Il parlait des fameuses « heures les plus sombres de notre histoire ». Aujourd’hui, la mode est à la « repentance ». Qu’est-ce que cela signifie ?
Réduite à sa plus simple expression, la repentance peut se résumer ainsi : des gens s’excusent de méfaits qu’ils n’ont pas commis pour complaire à d’autres qui ne les ont pas subis. Ceux qui se repentent n’ont commis aucun tort, ceux qui reçoivent la demande de pardon n’en ont subi aucun. Tout cela est donc parfaitement ridicule. La repentance consiste, en fait, à faire un choix sélectif dans notre histoire, et à n’en retenir que certaines périodes, toujours les mêmes (esclavage, colonisation, etc.), considérées comme « sombres » au regard des idées actuelles pour s’en repentir officiellement. Une très imaginaire culpabilité collective héréditaire s’ajoute à cet anachronisme majeur qui consiste à« rétrojecter » dans le passé des jugements de valeurs qui n’appartiennent qu’à notre époque. Le passé étant réduit au « devoir de mémoire », le présent devient flottant, autoréférentiel, existentiellement vide.
Mais le procédé n’est évidemment pas innocent. D’un côté, il s’agit de convaincre nos compatriotes qu’en se retournant sur leur passé, ils ne découvriront que de l’horreur. Corollaires : l’identité est forcément douteuse, le nouveau est forcément meilleur. De l’autre, à une époque où le statut de victime s’avère extrêmement rentable, il s’agit d’assurer aux descendants de victimes présumées divers avantages, qui vont de la bonne conscience à la supériorité morale en passant par les « lois mémorielles » et les réparations financières. L’enjeu de ces invocations du passé se situe donc dans le présent : les « heures sombres » sont alléguées ou instrumentalisées pour légitimer ou délégitimer des opinions actuelles. Mgr Nunzio Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale, déclarait ainsi récemment qu’« accueillir les immigrés est une sorte de réparation pour les dommages que nous avons accomplis pendant des années […] Nous devons l’hospitalité aux migrants pour ce que nous avons fait dans le passé dans leur pays. » Le problème de l’immigration est ainsi traité sous l’angle de l’expiation. Ce qui permet à des groupes de pression minoritaires d’exciper de leur qualité de victimes par procuration pour s’ériger en justiciers du présent.

– Le pape Jean-Paul II, en son temps, a lui aussi fait repentance pour certains crimes commis par l’Église au cours de son histoire. On peut dire à sa décharge que le catholicisme est une religion qui exige que ses fidèles confessent régulièrement leurs péchés…

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que la dialectique du péché, de la repentance, de l’expiation, de la réparation, de la téchouva et du pardon appartient au langage religieux. Elle n’a donc strictement rien à faire en politique. La collectivisation du repentir ne doit en revanche pas nous faire oublier que la civilisation européenne est la seule à ce jour qui se soit mise en question jusqu’à intérioriser sa propre critique. Comme le disait Jean-François Mattéi, « la raison n’a pas à demander pardon pour répondre à ses critiques car elle comparaît toujours devant son propre tribunal ».

– N’y a-t-il pas un risque, pour ceux qui refusent la repentance, de tomber dans l’excès inverse, c’est-à-dire de nier purement et simplement l’existence de zones d’ombre dans notre histoire ?

C’est en effet un risque symétrique. Tous les pays du monde ont eu leurs heures sombres et leurs périodes lumineuses. Dans un État normal, on apprend aux jeunes à être fiers de leur pays en leur inculquant le souvenir de ce que celui-ci a fait de plus grand. Cela ne signifie pas que le reste n’a pas d’existence, mais que l’on a conscience que l’estime de soi commence par l’estime de ce dont on a hérité et qui contribue à nous définir. Il n’y a sans doute pas à être fier de l’esclavage, mais il n’y a pas non plus à être fier du sac de Béziers, de la Saint-Barthélemy, des dragonnades, du génocide vendéen ou de la répression de la Commune. Toute la question est de savoir si l’on veut ou non inculquer aux Français la fierté d’eux-mêmes plutôt que la honte ou le doute de soi.

LA REPENTANCE, UNE VOIE RAPIDE VERS LA PRÉSIDENTIALISATION

Eh oui, ça sert à quelque chose...

En reconnaissant la "sanglante répression" contre les manifestants du 17 octobre 1961, François Hollande lave une partie de la sombre histoire française et enfile les habits présidentiels. Comme Jacques Chirac avant lui.

Chirac justement est l'exemple le plus éclatant de cette repentance qui présidentialise. Le 16 juillet 1995, il reconnaît pour la première fois la responsabilité de l'Etat français dans la déportation de juifs français:
Malgré les cris d'orfraie venus de son propre camp, principalement des gaullistes, Chirac entre dans l'Histoire.

Et Nicolas Sarkozy, alors? Le précédent chef de l'Etat n'a jamais aimé la repentance, pas même le mea culpa. Et pourtant, lui-aussi a semblé avancer dans cette direction. A la fin de son quiquennat, il était ainsi revenu sur l'esclavage, parlant de "premiers crimes contre l'Humanité". Qu'à ce moment-là, Nicolas Sarkozy était en pleine phase de représidentialisation ne doit évidemment rien au hasard.

REPENTANCE ET VICTIMISATION, POISONS DE LA POLITIQUE FRANCO-ALGÉRIENNE
(un exemple plus percutant que la problématique de l'Afrique noire)

Les nations n’ont ni amis ni ennemis éternels. Leurs intérêts présents doivent donc prendre le pas sur les tragédies qui, hier, ont pu les opposer. Cependant, il n’est possible d’aller de l’avant qu’à la condition que ne subsiste pas le non-dit, ce terreau de la repentance qui met l’un des partenaires en position de faiblesse.

1) Tant que le postulat de l’exploitation coloniale permettra aux dirigeants algériens d’expliquer leurs échecs, aucune relation solide ne pourra être construite avec la France.

2) Tant que le mythe de l’unité de la population dressée contre le colonisateur français permettra aux satrapes qui ont fait main basse sur l’Algérie de cacher les profondes divisions du pays, rien de durable ne pourra être édifié entre Paris et Alger.
3) Tant que les nombreuses associations d’ayants-droit composées d’auto-proclamés acteurs ou héritiers de la « guerre de libération », imposeront aux historiens leur propre lecture de l’histoire, aucune vraie politique franco-algérienne ne pourra être fondée.

Cela vous parle-t-il ?

P.S. : Sur un terreau pareil de sempiternelle culpabilisation du français, il ne faut pas s'étonner que le Front National prospère... L'amener au pouvoir sera le summum de la bêtise victimisation-culpabilisation. Quel est donc ce prétendu ami, qui me recommandait d'aller lutter chez moi contre l'extrême droite? L'étroitesse d'esprit ne touche pas que les incultes.

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