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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Poutine : Selon ce que vous voulez voir....

Publié le 20 Novembre 2015 par Lu Nienne Diallo

Pour les africains, Poutine est un héros.

Parce qu'il affronte les USA? L'antagonimse ne date pas de Poutine.

Parce qu'il affronte Paris? Sans doute.

De là à en faire un héros...

Au moins 80 des 110 milliardaires russes (soit un tiers du total des milliardaires européens), détenant 35 % des richesses du pays, vivent dans la capitale. Ces nouveaux riches ont transformé la ville par des constructions fastueuses à l’architecture tape-à-l’œil. Nombre de restaurants sont devenus inabordables pour les simples citoyens. Une vie nocturne débridée a fait son apparition. Et tout cela fait inexorablement monter le prix de l’immobilier, ainsi que ceux des produits et des services. Moscou a embrassé le capitalisme comme par le passé elle avait été l’icône du « socialisme réel ». Les magasins, salles de sport, coiffeurs restent ouverts 24 heures sur 24, la folie de la consommation à tout moment s’est emparée des lieux. « Moscou est devenue un immense supermarché », constate Volodia, amer et épuisé par le rythme frénétique de la ville. Même constat pour Inna, une retraitée qui ne comprend plus sa belle langue russe transformée en une novlangue truffée d’anglicismes et d’expressions technocratiques.

À côté des nouveaux riches, il y a désormais les nouveaux pauvres : enfants des rues, retraités contraints de vivre dans la précarité avec une pension de misère, et puis il y a les SDF. Entre 20 000 et 40 000 sans-abri tentent de survivre dans la cité par des températures avoisinant les -20 degrés. «Ils sont prêts à tout pour passer quelques minutes au chaud. Certains vont même jusqu’à se blesser pour être admis à l’hôpital où ils reçoivent un maigre repas et une douche chaude, car la Constitution russe oblige l’État à venir en aide aux plus défavorisés », raconte Irina, du Samu social. Celui-ci, créé en 2005 sur le modèle français avec l’aide de Xavier Emmanuelli, est financé essentiellement par des entreprises privées. La mairie de Moscou a décidé, au printemps prochain, de lancer un appel d’offres afin de se décharger sur les ONG de la prise en charge des SDF.

La transformation sociale repousse les pauvres et les couches moyennes vers la périphérie, dans des barres d’immeubles impersonnelles, devenues de véritables banlieues-dortoirs comme à Mitino, dans le nord-ouest, ou à Birioulovo, dans le sud. « Les réseaux d’entraide familiale occupent une place essentielle en Russie dans le soutien des plus démunis, palliant les manques du système de protection sociale. Aujourd’hui, cependant, ce réseau s’affaiblit, entraînant le règne du chacun-pour-soi », constate Lev Goudkov. Les minima sociaux sont extrêmement faibles : 18 millions d’habitants ont des revenus inférieurs au minimum vital. 13 % de la population russe ne peuvent satisfaire leurs besoins de base (nourriture, logement, vêtements).

Les jeux Olympiques de Sotchi auraient d’ores et déjà coûté 50 milliards de dollars. À titre de comparaison, ceux de Salt Lake City, déjà jugés dispendieux, avaient coûté 2 milliards de dollars. D’emblée, la mesure de la démesure de Poutine est située. Alexander Gentelev, dans une enquête fouillée et implacable, explique et martèle où l’argent est passé : une autoroute de 45 kilomètres, qui ne sera peut-être même pas finie à temps pour l’ouverture des Jeux, la semaine prochaine, un tremplin à ski construit sur un terrain glissant… Il montre aussi et surtout le prix que payent les habitants de Sotchi pour les délires mégalomaniaques du chef du Kremlin ; les expulsions, sans relogement et sans indemnisations, sont allées de bon train. Des familles entières, qui avaient une maison, un toit, se retrouvent à la rue ou dans des situations de précarité épouvantables. Enfin, Alexander Gentelev a enquêté de manière très rigoureuse sur la corruption qui a prévalu dans les travaux engagés, sur les rapports entre entrepreneurs et responsables politiques. Il montre au final, au travers de ces Jeux, un pays dominé par l’arbitraire, dévasté par les intérêts privés aux dépens de l’intérêt public, et corrompu jusqu’à la moelle.

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