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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

RÉFLÉCHISSONS : POURQUOI LES PARTIS POLITIQUES, POURQUOI LES IDÉOLOGIES.

Publié le 7 Décembre 2015 par Lu Nienne Diallo

La question ne se pose pas sous les monarchies. Les partis sont nés en fait en Angleterre, qui a précédé la France à redonner le gouvernement au peuple (parlementarisme) en gardant des rois dépourvus de pouvoir.

HISTOIRE :

Surnommé "La mère des parlements", le parlement anglais est considéré comme le plus ancien des parlements des temps modernes. A part quelques courtes interruptions, il siège au même endroit, appelé le Palais de Westminster, depuis l'an 1265. C'est en cette année que le baron Simon de Montfort - fils de l'éponyme bourreau des Cathares - convoque à Westminster, alors village à l'extérieur de la cité médiévale de Londres, le premier parlement d'élus d'Angleterre. Ces élus sont des barons et notables élus par leurs pairs, et représentatifs des différents comtés et villes du royaume d'Angleterre.
L'idée de parlement ne fut pas neuve. Avant la conquête normande en 1066, les rois Anglo-Saxons gouvernaient leur royaume avec l'aide d'un conseil de sages, appelé Witan ou Witenagemot; comme les parlements qui allaient suivre, ces conseils étaient composés de nobles et de prélats. Ils choisissaient le prochain roi, et conseillaient le souverain, mais ne disposaient pas de réel pouvoir en termes de gouvernement. Après la conquête normande, Guillaume le Conquérant et ses successeurs s'appuyaient sur leurs barons et sur des systèmes de conseils territoriaux, pour gouverner le pays; ce fut le système féodal anglo-normand.
Le parlement anglais a fonctionné de manière assez régulière pendant quatre siècles, encadrant le pouvoir royal, jusqu'au dix-septième siècle. Dès le 14° siècle, ce parlement est constitué de deux chambres, la Chambre des Pairs (House of Lords) et la Chambre des Communes (House of Commons). Mais au milieu du 17° siècle, le roi Charles 1° précipite la Guerre Civile anglaise - la Révolution anglaise - en essayent de se passer de son parlement. La Guerre Civile oppose les forces royalistes aux forces parlementaires, sous le commandement d'Oliver Cromwell, et finit dans la victoire des Parlementaires. Désormais le Parlement anglais s'impose comme instance incontournable dans la gouvernance du pays. En 1660 il déclare la restauration de la monarchie, et institue un régime de monarchie parlementaire. Le pouvoir du parlement est vite mis à l'épreuve, et en 1688 celui-ci destitue le roi James II, et invite le prince néerlandais Guillaume d'Orange à prendre la couronne d'Angleterre. Le succès de cette "Révolution glorieuse" confirme le rôle déterminant du Parlement anglais, rôle défini l'année suivante par la signature de l'Acte des Droits, ou Bill of Rights, un des grands actes constitutionnelles du Royaume Uni, qui établit de manière formelle le rôle du parlement et les limites du pouvoir royal.

C'est le début du parlement moderne, avec son système de partis politiques.
Les partis politiques initiaux se révèlent être simplement d'un côté le parti du rétablissement de la monarchie (les Tory) de l'autre les tenants du gouvernement par les parlements ((Whyg)

POLITIQUE POLITICIENNE :

Le développement du parlementarisme amène le développement des partis qui vont s'orienter plus sur la quête et la séduction d'électeurs que sur une idéologie. (les partis de notables ou partis de cadres ) Pour assurer leur cohésion, une administration centrale se constitue et devient l’état-major du parti et instaure une véritable spécialisation du travail au sein de l’organisation. Ces partis sont tournés principalement vers l’élection et cherchent à recruter parmi les notables les élites sociales permettant de financer et d’influencer la vie politique

Le parlementarisme bourgeois se révélant aussi oppressant que la monarchie, du peuple émergent des idéologies plus égalitaristes, et des partis de masse ou partis de militants.

Leur naissance est liée au développement de diverses associations telles que les syndicats ou les sociétés de pensée. Ils sont en quête d’adhérents et de militants issus des classes populaires qui financent le parti via leurs cotisations. Ils les forment et les promeuvent. Pour cette raison, ce sont des partis fortement organisés et hiérarchisés : la base est constituée par des sections locales, coordonnées au niveau départemental par des fédérations, elles-mêmes dépendantes d’un centre. Ces partis de masse permettent d’encadrer politiquement les catégories sociales jusqu’alors exclues du droit de vote. Ils ont pour objet la recherche de l’adhésion formelle du plus grand nombre. Ils sont porteurs d'une idéologie forte.

Les partis politiques deviennent des organisations durables, possédant des ancrages locaux et dont l’objectif est la conquête du pouvoir au moyen de la recherche du soutien populaire.

Ce sont les partis qui vont présenter des candidats et des programmes aux citoyens. Les parlementaires élus grâce à leur soutien vont ensuite élaborer des normes, contrôler l’administration et soutenir l’action du gouvernement, voire tenter de le renverser.

Les différentes idéologies découlent toutes de l'opposition entre pouvoir absolu et pouvoir partagé.

Aujourd'hui, il est considéré comme la norme que le pouvoir soit accessible à tous par le biais du suffrage universel, et les différentes volontés de partage (ou pas) du pouvoir se dissimulent sous les choix économiques des différents partis.

POLITIQUE ÉCONOMIQUE

En partant des plus au moins partageurs :

Le communisme (sankarisme au Faso) veut répartir les richesses également entre tous.

Le socialisme reprend le même projet, se voulant « plus réaliste » et modulant de beaucoup la répartition des richesses. Il se contente en fait de « programmes sociaux » secourant (assistant) les plus démunis et de "programmes" économiques censés mieux répartir les richesses.

Le libéralisme considère que la liberté d'entreprendre sera un moteur suffisant pour que tous accèdent à l'entreprise (ce qui suppose les mêmes capacités pour tous). De fait, il favorise l'élite intellectuelle, elle-même reproduite dans la classe possédante par le biais d'une éducation de meilleure qualité , seule accessible à ces classes.

Les différentes nuances, sous couvert d'adapter l'égalitarisme des richesses à l'inégalitarisme des capacités, recouvrent on le voit les anciens clivages héréditaire de droit divin/gouvernement par le peuple.

La politique, initialement intérêt pour la vie de la cité, est devenue de fait une machinerie (politique politicienne) n'ayant pour but que la conquête, maintien ou reconquête du pouvoir ….. absolu sous couvert de démocratie élective, dont on sait qu'elles ne sont que des monarchies électives, le peuple n'ayant plus, comme dans les monarchies, que le pouvoir de la rue pour se faire entendre le temps d'un mandat.

LE FORMATAGE DE L'IDÉE DE DÉMOCRATIE

Aujourd'hui, faute sans doute que l'histoire soit correctement enseignée, il n'est d'ailleurs pas anodin que cet enseignement soit de plus en plus émoussé par les gouvernements qui, pour préserver le pouvoir de leurs classes possédantes ou futurement possédantes, ne tiennent pas du tout à ce que les peuples accèdent à la réflexion sur leur légitimité,
Aujourd'hui, personne ne semble imaginer que la vie démocratique puisse se passer de partis politiques, que l'on considère comme indispensables à la tenue d'élections, elles-mêmes tenues pour indispensables à la vie démocratique.

Pourtant, on le sait, les élections dans notre monde non athénien ne sont que le moyen de sélectionner les nobles, notables ou possédants qui vont assister le gouvernement ou y participer. Des contraintes financières veillent, sous couvert de limiter les candidatures, à ce que cette sélection se fasse toujours au sein des classes possédantes.

QUESTION :

Étant acquis que le peuple doit être maître de sa vie politique, tout cela est-il aussi indispensable qu'on est habitués à le croire ?
Cela permet-il de trouver les meilleurs dirigeants qui soient, pour le mieux des peuples ?

Si ce n'est pas le cas, sommes-nous incapables d'imaginer d'autres solutions ?

N'y a-t-il pas chez les moins riches, des gens suffisamment intelligents et intègres pour exercer ce pouvoir actuellement inaccessible?

Si oui, comment faire pour qu'ils n'aient pas besoin d'artillerie lourde pour y accéder?

Vos réponses seront appréciées, merci

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