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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

UN COMBAT DANGEREUX

Publié le 6 Mars 2017 par Lu Nienne Diallo

UN COMBAT DANGEREUX

Beaucoup le savent, je me bats depuis le soulèvement de 2014 pour que le pays avance et que les jeunes gens de NOTRE pays n'aillent plus se faire tuer. 
Je dis bien NOTRE pays, car, oui, je suis Burkinabè.
Burkinabè blanche , en fait, franco-burkinabè. Ce qui fait que j'ai la connaissance du pays, avec la rude franchise (si souvent admirée en privé) des français(e)s.

Je viens de passer 6 mois à Ouaga et je me suis repliée en France pour panser mes plaies. Car combattue et battue je l'ai été depuis 3 ans. J'ai été manipulée par des politiques qui voulaient récupérer mon écriture caustique. J'ai été approchée par des centaines de burkinabé, par mp surtout, et je suis sans doute la seule blanche à avoir tant appris sur le pays.

Car je fais ce que ces mêmes burkinabè ne font pas, je dis tout haut ce qu'ils m'ont dit tout bas, j'essaie VRAIMENT de faire avancer le pays.

Je certifie que tout ce que je dénonce (en-dehors des recherches sexuelles que je dénonce par expérience de femme blanche), m'a été dénoncé par des burkinabè, et pas des moindres.

TOUT.

Burkinabé qui pourraient le dire en public en toute impunité, mais ne le font pas. Ils proclament qu'ils veulent faire évoluer le pays, mais NE FONT RIEN et pour cause, ils veulent que les autres changent, mais pas eux. Ils sont installés, ils ont un métier, si on changeait, peut être perdraient ils tout? On brandit alors l'africanite, on la dit bafouée, critiquée, attaquée.

Il m'a été raconté, par exemple, que les jeunes burkinabé se battent pour faire des études et passer des concours de la fonction publique. Les miraculés qui obtiennent un poste ainsi ont atteint, m'a t on toujours dit, le sommet de leurs rêves, et n'apprennent plus rien, ce qui sclérose la fonction publique et le pays. Et quand ces mêmes entrent dans des associations qui veulent VRAIMENT changer les choses, ils font tout pour la détruire de l'intérieur.. et casser l'impudente qui tente ainsi de faire changer les choses ( danger!) surtout si... elle est blanche. Il est alors facile de secouer les vieux démons, tapis au fond du cerveau reptilien de tout un chacun. Alerte, notre pays est attaqué et devinez par qui?

J'ai été vilipendée, bloquée, par un haut fonctionnaire qui essayait de m'entraîner vers le parti au pouvoir maintenant, lorsque j'ai rapporté cet autre fait, également rapporté par des burkinabé, et vérifié par l'expérience vécue, de ces mêmes fonctionnaires qui vont au travail un jour sur deux, en toute impunité, l'autre jour étant consacré à une entreprise personnelle, au nom de madame. Cela, tout le monde le sait et on ne s'en est pas caché devant moi. Cela non plus, il ne faut pas le dire? Comment voulez vous que des investisseurs amènent des fonds dans le pays si cela ne change pas?

Alors, oui, j'écris et je dis.

J'ai promis aux gens modestes avec qui j'ai pu échanger pendant 6 mois que je ne les abandonnerai pas et que je les réhabiliterai face aux escrocs sexuels et autres fossoyeurs installés du pays. Et je le leur dois, je le ferai, malgré les attaques incessantes dont je suis l'objet.

Mon séjour ayant été vraiment très rude, ma santé ébranlée et ma situation précarisée, je viens de prendre la décision de ne pas revenir POUR LE MOMENT. Je le dis, je me sens en danger.

Mes associations ont été détruites régulièrement de l'intérieur, ce, par des nantis burkinabè. Je suis régulièrement attaquée comme tyran, dénigrant le pays, ses habitants, c'est facile, il suffit de ne pas lire ce que j'écris, en pire, sur la France. En France, on m'a accusée d'être « raciste anti-français », ici, je suis « raciste anti-noirs ».
Je ne suis pas raciste, je l'ai subi bien plus qu'on ne peut le croire en Afrique, et certains de ceux qui m'accusent le savent fort bien, mais je ne vais pas raconter ma vie sans cesse.

Donc, je le dis, je reste en France pour me remettre et me soigner, mais je reste avec tous ceux, nantis ou pas, burkinabè ou pas, noirs ou pas, qui se désolent de la situation de leur pays, qui souhaitent la voir changer... mais n'osent pas s'exprimer face aux caciques sabreurs.

Je sais que je vais devoir doper mes forces face aux attaques, je vous demande de me soutenir.

Mais je veux dire la vérité et je projette l'écriture d'un livre où je dirai TOUT CE QUE JE SAIS. Le mal comme le bien.

Car j'ai rencontré, croisé, au Burkina, des gens extraordinaires.
Des gens simples, aussi, francs, honnêtes mais impuissants.

Et cela, je le raconterai.

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JEFF 06/03/2017 18:47

Très chère sœur , il me semble que le combat que vous menez est bien trop grand même pour une association . A moins que celle-ci ait accès aux médias et une voix que l'on écoute dans le pays comme BALAI CITOYEN .si vous travaillez avec eux en collaboration avec Droit-libreTV.lancer des campagnes de sensibilisation à travers le pays cela peut contribuer à faire avancer les choses.C'est eux qui ont mobilisé les jeunes pour l'insurrection qui a fait partir Compaoré .Les gens du pays ont aussi besoin de voir que vous vous appuyez sur eux,faite-le avec balai citoyen et Droit-libre TV.pas que les solutions viennent d'ailleurs .Toute seule vous allez vous détruire.une autre institution sur laquelle vous pouvez vous appuyer et qui vous servir de porte voix: l'église ! l'église a un poids que votre association n'a pas .ils ont un devoir de verité vis à vis de l'humain,ils peuvent appeler à cette prise de conscience pour un changement de mentalité.la différence quand c'est vous qui dénoncez,ils se sentent jugés,peut être même rabaissés. intérieurement la réaction sera difficilement positive(les gens supportent mal qd on leur fait la morale).c'est pour cela que ce message doit être porté par les gens du cru.J'espère que vous comprendrez ce que je veux dire

Lu 07/03/2017 09:23

Cher Jeff le bien nommé (je pense à Brel: "Non, Jeff, t'es pas tout seul"), je repense à vos conseils.
1- j'ai un relais de toute confiance à Ouaga, mais désargenté. Démoralisé, il ne rêve que de partir.
2- je pense qu'en effet, l'église serait la mieux placée pour le message à faire passer.
Car mon constat bien analysé est que le Burkina se détruit par la magie noire. Bien efficace et destructrice contrairement à ce que croient mes compatriotes.
Personne n'en parle... que moi, bien sûr, et quelques audacieux confirment. Cela, personne ne l'attaquera que l'église.
Si je sais qui contacter ou faire contacter, je veux bien me charger de témoigner directement ou par relais, car je l'ai vécu de plein fouet.
Si vous avez une adresse à me donner... Vous pouvez me contacter par mail, je vais vérifier mon contact.

Lu Nienne Diallo 06/03/2017 20:18

Tout à fait, et c'est pour cela que l'association était (un de ses présidents l'a sabotée) burkinabè, et si je faisais un peu vitrine, c'est qu'être blanc chez vous, c'est un peu comme être noir chez nous, exotique. De plus, je maîtrise le sujet et mon enthousiasme est contagieux. Et, oui, je comptais me retirer derrière eux.
Ce que je pense toujours faire.
Sauf que je suis atterrée par l'autre problème que j'ai exhumé aujourd'hui... Me soutenir, ou simplement m'aider, clairement ne pas prendre le parti de mes destructeurs (sans pour autant s'y opposer, par peur... DU WACK)... les expose eux-mêmes. Ils ont été menacés, on leur a extorqué de l'argent alors qu'ils en ont si peu !!!!
Et là... Je me demande ce qu'on peut faire contre tant de méchanceté et d'esprit de destruction.

Je suis très intéressée par les conseils que vous me donnez. Le Balai Citoyen... Oui, je sais, je les connais... J'imagine mal les intéresser, j'ai déjà titillé l'un d'entre eux sur des sujets où il déconnait un max, une autre fois, il a suivi un de mes articles avec intérêt. Mais je suis une femme, une blanche, et eux sont des leaders noirs mâles... Si on vient me chercher, je suis là... mais il faut très longtemps pour se faire accepter.
L'église? Je n'y aurais jamais pensé...Pas celle où on va chanter en transes "PAPA NOUS AIME? Payons son loyer"?
C'est pareil, on vient me chercher, je suis là.

Et il ne faut pas oublier mon franc-parler... Je ne mens jamais et je peux dire ce qui est sans jugement de valeur, je cherche toujours à comprendre, c'est tout. Mais qui accepte cela en Afrique? Il y en a, C'est certain...
Mais je me suis tant faite incendier, bloquer, anathèmiser...Vraiment, je ne sais plus...