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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

Responsabilités africaines et européennes sur l'esclavage et la colonisation

Publié le 20 Janvier 2015

Responsabilités africaines et européennes sur l'esclavage et la colonisation

Esclavage et colonisation ont été pendant longtemps une partie importante du commerce africain....

L'Afrique Occidentale au XIème et XVII ème siècle

  • Au Nord du Sénégal, les Maures (Trarza et Brazna) ont définitivement remplacé lesBerbères. Ils dominent l’embouchure et razzient les populations noires.

  • Les Yorouba sont parmi les premières victimes de la traite organisée par les Portugais.Soumis et razziés par leurs voisins aux xvie et xviie siècles, ils parviennent à s’organiser et combattent victorieusement les Dahoméens à qui ils imposeront tribut pendant plus d’un siècle.

Au cours du XVII ème siècle,

  • Les royaumes du Soudan Tchadien ont des cours nombreuses. Les prétendants éventuels au trône sont éborgnés ou aveuglés. Les guerres s’accompagnent de razzias d’esclaves.

  • Au cours du siècle, un grand nombre de Peul se convertissent à l’Islam.

  • Le commerce des Diakhanké (« les gens de Dia », sur le Niger) prospère de 1600 environ jusqu’au milieu du xixe siècle, entre Ségou et Sikasso à l’est, le cours supérieur de la Gambie et du Sénégal à l’ouest et le Fouta-Djalon au sud. Ils transportent vers la côte des esclaves, l’or acheté au Bambouk, des tissus de coton fabriqués dans leurs propres villages, de l’ivoire et de la cire, qu’ils échangent avec les produits usuels de la traite avec les Européens. Ils participent également au commerce interafricain : ils fournissent à la Sénégambie des noix de kola, du beurre de karité, du fer et des tissus ; vers le Niger, il ramènent principalement du sel et d’autres tissus.

  • La compagnie du Sénégal et de la Gambie (marchands Dieppois et Rouennais) obtient le monopole de la traite et fonde les comptoirs de Saint-Louis du Sénégal et de l’île de Gorée.

Au cours du XIX ème siècle

Le commerce extérieur de l’Afrique occidentale, qui exporte essentiellement des esclaves, s’accroît au cours du siècle de 2 millions de livres au début à environ 4 millions de livres à la fin.

  • Les comptoirs français de Saint-Louis du Sénégal et de Gorée, au Sénégal, envoient en Amérique jusqu’à 2 000 esclaves par an. 50 000 venaient du golfe de Guinée. 7 000 transitaient par l’embouchure du Zaïre et Sao Tomé.

Avant 1880, Les Européens disposaient pour l'essentiel d'implantations côtières.La France se réservait une partie du Maghreb, et en Afrique occidentale, le Sénégal.L'Angleterre possédait la colonie du Cap, la Côte de l'or, des compagnies commerciales anglaises travaillaient en Afrique occidentale et orientale.

Le rejet de la colonisation

Socialistes et anticolonialisme

"Nous n'admettons pas qu'il existe un droit de conquête, un droit de premier occupant au profit des nations européennes sur les peuples qui n'ont pas la chance d'être de race blanche ou de religion chrétienne. Nous n'admettons pas la colonisation par la force (...). Nous aurons accompli ce que vous appelez notre mission civilisatrice le jour où nous aurons pu rendre les peuples dont nous occupons les territoires à la liberté et à la souveraineté. En revanche, en présence de situations de fait dont nous ne sommes pas comptables, auxquelles nous nous sommes toujours opposés, que nous avons obstinément combattues, que nous combattrons encore en toute occasion, nous ne nous contenterons pas de cette solution à la fois trop simple et trop périlleuse qui consiste soit à prêcher l'insurrection et à faire appel à la guerre de races, soit à exiger l'évacuation immédiate avec tous les périls qu'elle comporterait et pour les colons et pour les indigènes eux-mêmes."

Extrait d'une déclaration de Léon Blum à la Chambre, le 10 juin 1927

Progression des revendications nationalistes

"Le continent africain n'échappe pas à la même évolution; les idées d'autonomie pénètrent dans la société nègre. Dans un congrès national qui se réunit à Accra, au début de 1920,

on put entendre les revendications des indigènes de l'Afrique occidentale: ils ont trouvé des porte-parole parmi une classe très curieuse de nègres appelés The Educated Natives . Ces indigènes de Gold Coast, de Lagos, de Sierra-Leone, de Bathurst, assimilés presque complètement par la civilisation anglaise, ont la même langue, la même religion, les mêmes lois, les mêmes moeurs que les Anglais; habitant les villes, ils s'emploient comme fonctionnaires et comme agents commerciaux; on les voit aussi s'avancer vers l'intérieur, le long des voies ferrées, avec la civilisation et les intérêts britanniques qu'ils véhiculent et qu'ils servent comme interprètes et comme secrétaires. Mais, ils n'ont pas perdu le sentiment de race et ils soutiennent la cause de leurs frères; ils réclament depuis longtemps des libertés politiques; ils en propagent la notion dans toute l'Afrique occidentale. En 1920, ils réussissaient à réunir des délégués de tous les pays en un congrès qui demanda l'établissement du self-government dans l'Afrique occidentale et protesta contre l'inégalité des races (...)."

Extrait de Albert Demangeon, "L'Empire britannique"; Paris, A. Colin, 1931

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