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Un clic, déclic pour l'Afrique

Des vérités historiques, sociales, économiques pour l'Afrique Noire Francophone

L'Arbre à Palabres, véritable organe d'une démocratie directe.

Publié le 27 Août 2015 par Lu Nienne Diallo

L'Arbre à Palabres, véritable organe d'une démocratie directe.

Faut-il passer à une cinquième république ou non? Le débat taraude les lèvres de tous les Burkinabè. Il y a ceux qui sont pour une nouvelle constitution basculant le pays vers une cinquième république et il y a ceux qui pensent qu’il n’est pas opportun de passer à une nouvelle république. Après avoir fait le tour des 13 régions pour consulter les différentes couches sociales, le président du CNT a estimé qu’il faut passer à une nouvelle république suivant la volonté du peuple.

(226infos.net)

* Voyons d'abord les changements proposés

La modification proposée par le CNT consacre « l’interdiction d’exercer les fonctions de Président du Faso pendant plus de dix (10) ans de façon continue ou discontinue ». Le CNT a par ailleurs justifié cette proposition de modification par la volonté de « mettre les institutions à l’abri des forces politiques partisanes et des autres groupes de pression ».

(burkina24)

Au niveau du Titre II, des innovations ont été apportées aux Articles 31, 32 et 34. L’article 37 dont la modification a déclenché l’insurrection populaire consacre désormais au niveau du Titre III, « l’interdiction d’exercer les fonctions de Président du Faso pendant plus de dix (10) ans de façon continue ou discontinue ».
Il devra également faire obligation à «tout futur candidat aux fonctions présidentielles d’être en règle vis-à-vis du Fisc (Article 38), de « demeurer neutre jusqu’à la fin de son mandat » (Article 42), l’obligation pour le président élu de «publier la déclaration de ses biens au Journal officiel. Il est également fait mention de la « ferme clarification du statut du conjoint ou de la conjointe du Président du Faso » (Article 60 bis).
Au titre V qui traite du Parlement, la proposition du CNT porte sur l’exigence d’ «investir l’Assemblée nationale du pouvoir d’évaluer les politiques publiques (Article 84), «l’interdiction du nomadisme des candidats indépendants» (Article 85) ou encore «l’affirmation de la place de l’opposition par la Constitution» (Article 96). Au titre VI, «La protection et l’exercice de la liberté de presse relèvent dorénavant du domaine de la loi» (Article 101).
D’autres innovations portant sur le Titre XIV consacrent l’érection de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE) « au titre des institutions constitutionnelles » (Article 160). Il est enfin intéressant de noter que la question de « la clause limitative des mandats présidentiels, de la durée du mandat et de l’âge maximum pour être candidat aux élections présidentielles parmi les clauses insusceptibles de révision » (Article 165).

En somme, tout en soulignant que le « contexte de neutralité institutionnelle et d’équilibre des pouvoirs paraît idéal pour opérer des réformes objectives, neutres, générales et impersonnelles » de la Constitution, le CNT n’a pas moins fait une proposition de modification qui prend globalement en compte les insuffisances majeures.
(La Direction générale des médias duConseil national de la transition)

* Des modifications intéressantes et justifiées.

* Mais... il faut voir aussi les insuffisances.

* Partout dans le monde, des voix s'élèvent pour une refonte totale de la démocratie. On sait que les démocraties que nous connaissons actuellement ne sont que des monarchies déguisées.

Le royaliste Tocqueville disait et cela se vérifie : « Je n'ai pas peur du suffrage universel, ils voteront comme on leur dira »

Et les nouveaux monarques savent très bien nous dire comment nous devons voter.

Campagnes électorales pharamineuses, proportionnelles aux budgets alloués par.... les multinationales. Candidats vendus comme des paquets de lessive, avec t-shirt promotionnels, distribution d'objets à la marque du candidat, voire d'argent ou de tablettes, il est clair que ceux qui font allégeance aux plus acheteuses des forces de pouvoir occulte ont le plus de chance d'être élus.

Les confrontations devant les médias, arbitrées par eux, sont très faciles à orienter, la parole donnée arbitrairement, des sujets primordiaux coupés opportunément, etc... les moyens d'orienter un débat sont subliminaux mais décisifs.

Bien sûr, les politiques nient ces faits, vantent l'indépendance des médias, mais peuvent-ils faire moins puisqu'ils s'en remettent à eux pour « dire comment on doit voter ».

* Pourtant, des visions émergent, de renouveaux constitutionnels écrits PAR LE PEUPLE et non par des légistes,et des politiques qui, bien sûr, tout en veillant à ne pas dépasser le seuil de tolérance d'un peuple mal informé, préservent ces instruments de légalisation de leurs pouvoirs.

Ces visions novatrices, que cette nouvelle république écarte, par ignorance ou par volonté de préserver les pouvoirs en place, redonnent aux peuples un droit de gouverner directement sans passer par des représentants élus.

L'Afrique, de par ses traditions, est la mieux placée pour mettre en place ces démocraties directes.

* L'Arbre à Palabre EST la démocratie. Ecarté par les pouvoirs issus d'Europe, il est le lieu par excellence où le peuple peut formuler ses doléances et exigences, qui pourraient être remontées à une instance plus large, régionale, pour arriver à un organe gouvernemental qui ne serait pas décisionnel mais exécutif, qui mettrait donc en place les lois décidées par le peuple.

Cela est d'une évidence absolue.

* Donc, ce changement de constitution est-il vraiment l'amorce d'une nouvelle république ?

NON.... C'est simplement un replâtrage d'une mauvaise république.

Je conseille à ceux qui voudraient UN VRAI CHANGEMENT de suivre le Professeur Etienne Chouard (chouard.org/blog/)

Il organise des ateliers constituants pour montrer que le peuple peut écrire lui-même SA constitution, une constitution qui LUI REDONNE le pouvoir.

* Donc, pour ma part, oui à un amendement constitutionnel, NON à une nouvelle république qui bloquerait pour longtemps la possibilité de donner au peuple le droit de se gouverner lui-même.

Des avis sur la modification de constitution :

http://www.news.aouaga.com/h/73320.html

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